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EVÊQUES ET ÉDUCATION

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Dimanche dernier, jour de la Pentecôte ou de l’Esprit universel, les évêques vasco-navarrais ont publié un document sur l’éducation et ses défis contemporains. C’est un bon texte, en général, avec un beau titre tiré du psaume 15 de la Bible : « Tu me montreras le chemin de la vie ».
Ainsi tout est dit. Apprentis de la vie que nous sommes, nous avons tous besoin que quelqu’un, que tous les autres, que l’Esprit de Vie qui souffle en toute chose, nous montrent sans cesse le chemin de la vie, du Bon Vivre. L’enfant, le jeune, l’adulte, et les évêques eux-mêmes, nous avons tous besoin d’être éduqués dans l’esprit et la sagesse de la vie. Personne n’est dispensé d’éduquer et d’être éduqué.
L’objectif de l’éducation est – nous dit le document – de bâtir une société humaine, juste, fraternelle.
Il consiste à introduire celui qui doit être éduqué dans l’étonnement de la réalité, à lui apprendre à vivre humainement, à former des personnes libres, mûres, critiques, créatives, capables de vivre dans le changement et de le promouvoir. Quel dommage que l’Eglise l’ait empêché si souvent, et que ce document des évêques ne contienne même pas un mot d’autocritique !
Il consacre un long paragraphe, pertinent aussi bien dans une perspective historique que spirituelle, à Jésus de Nazareth, miroir chrétien de l’éducation pour la vie. Avec sensibilité et force, il présente Jésus comme figure humaine, très humaine : libre et libérateur, audacieux, innovateur. Il fut un maître charismatique, non institutionnel, critique de « la loi ancienne » et des « chefs religieux du moment ». Il fut un prophète social plus que religieux, bien qu’à l’époque on ne distinguait pas les deux secteurs, lui-même ne pouvait le faire. Il dénonça la richesse des puissants qui produisait surdité, aveuglement, cruauté et mort.
Il réalisa –peut-on lire – une révolution pédagogique, en mettant au centre les enfants et les blessés. Son enseignement se déroula ouvertement, à travers places et chemins, ouvert à tous, purs et impurs sans distinction. Il côtoyait « les publicains et les pécheurs », c’est à dire les méprisés de la société. Parmi ses disciples il y avait toujours des femmes qui non seulement le servaient, mais participaient pleinement à l’enseignement et à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Parfait !
Ce que le document ne dit pas – mais que n’importe qui peut deviner – c’est que Jésus, aujourd’hui, serait aussi réformateur et critique envers toutes les structures et hiérarchies catholiques, critique radical d’une institution patriarcale et dogmatique, insérée dans une culture qui n’est pas la nôtre, séculièrement attachée à des intérêts sociaux qui ne sont pas ceux des laissés pour compte, et que malgré tout se présente prétentieusement comme la maîtresse de la véritable éducation. « Vous vous êtes approprié le pouvoir d’enseigner », dirait-il encore, aujourd’hui.
Je ne peux imaginer Jésus, lui qui brisa autant de clichés et de rôles culturels légitimés religieusement, je ne peux l’imaginer dénonçant, comme le fait le document, pour la énième fois « l’idéologie du genre »
comme étant l’une des plus graves « émergences éducatives » de notre temps. Et ils l’écrivent en citant le Pape François, comme il est coutumier actuellement chez les évêques, dans l’attente de celui qui va lui succéder, le plus vite possible !
Je ne peux imaginer Jésus, maître itinérant et guérisseur à travers champs et villages, je ne peux l’imaginer en appelant aux Droits de l’homme et à la Constitution espagnole pour défendre que dans l’enseignement public espagnol on continue d’enseigner la religion catholique, alors que c’est la société qui paie et que les évêques imposent les manuels et nomment les professeurs. Que n’ont-ils pas compris que ce modèle confessionnel, non seulement est devenu inadmissible dans une société plurielle et laïque comme la nôtre, mais qu’il représente, de plus, l’un des facteurs qui décrédibilise le plus l’Eglise et le message évangélique qu’elle prétend enseigner ?
Pour la même raison je n’imagine pas Jésus en train d’affirmer – comme le fit récemment Fernando Gimenez Barriocanal, sous-secrétaire de la Conférence Episcopale Espagnole – que faire les études dans les collèges catholiques améliore la santé, diminue les différences sociales et « réduit la criminalité ». N’ont-ils pas honte de la situation que nous vivons et du fait que nombre des dictateurs de notre histoire récente et l’immense majorité des spéculateurs, des fraudeurs de l’évasion des capitaux et des corrompus actuels dans notre pays, tous des criminels, aient fait leurs études dans des collèges catholiques ?
Ni ne peux imaginer Jésus en opposant, comme le fait le document pastoral des évêques vasco-navarrais que je suis en train de commenter, la spiritualité zen, le « reiki » ou le « New Age » à l’unique spiritualité vraie que serait la chrétienne. Jésus n’avait jamais dit ni pensé qu’il avait l’exclusivité de l’Esprit, qui « souffle où il veut », ni qu’il était le « Fils Unique Incarné », ni que Dieu se révèle plus aux uns qu’aux autres et, encore moins, que les évêques soient ses derniers porte-parole autorisés.
Après ces corrections et quelques autres, ce document épiscopal pourrait nous aider à affronter les grands défis de l’éducation à la vie. Une éducation avec souffle, âme, esprit. Avec Esprit. L’Esprit qui inspira Jésus anime et éduque tous les hommes et toutes les femmes, indépendamment de leurs croyances et religions. C’est le souffle universel de vie. C’est l’âme de tous les vivants. Il est féminin en hébreu (ruah), masculin en latin (spiritus), neutre en grec (pneuma). Quel que soit son genre, il nous apprend du dehors et du dedans le chemin de la vie.

 

José Arregi

Publié dans DEIA le 11-06-2017

(Traduction : François-Xavier Barandiaran)

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