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PERDRE LA VIE?

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Mc 5, 21-43

Marc construit un récit double -connu comme la guérison de la femme hémorroïse et de la résurrection de la fille de Jaïre-, aussi particulier que chargé de symbolisme. Pour commencer, il est intéressant de noter les éléments que les deux épisodes ont en commun: il s'agit de deux femmes, gravement malades –l'une finira morte-, qui guérissent au contact avec Jésus. Mais peut-être le plus significatif c'est que, dans les deux cas, un chiffre est répété: douze. Une donnée pas nécéssaire qui invite le lecteur à lire le récit en clé symbolique.

En effet, le nombre douze est un symbole du peuple juif. Les deux femmes représentent Israël, qui ne trouve pas de solution dans ses institutions ni dans sa religion -la synagogue-, mais elle s'éteigne peu à peu, après avoir tout fait -"elle y avait dépensé toute sa fortune; mais au lieu d'améliorer, elle avait empiré"- jusqu'en mourir.

Au-delà du récit, le lecteur peut se reconnaître soi-même comme la femme qui sent perdre sa vie, ou comme l'enfant qui entend la parole qui lui dit: "Lève-toi." Et, à cette lumière, il est invité à se demander: par où ma vie s'échappe?, ce qui me tient postré?, suis-je décidé à me lever, à vivre et à favoriser la vie? Et il est très probable que, croyant ou non, dans la réponse à ces questions, on se reconnaît soi-même dans la personne, la vie et le message du Maître de Nazareth.

Dans les récits recueillis dans ce chapitre, tel qu'il est arrivé jusqu'à nous, Jésus apparaît comme le libérateur de ce qui nous fait le plus peur et nous asservit: l'oppression, -interne et externe- la maladie, la marginalisation et la mort. Des réalités elles toutes qui restent éclairées à partir de la Vie manifestée en Jésus.

L'identification avec le je nous oblige à regarder toute la réalité dès une perspective radicalement limitée et, donc, erronée. Dès là, ce sera bon ce qui soit agréable pour le je/moi, et mauvais ce que le frustre. En fait, le premier mouvement de moi à tout événement ou situation est de l'étiqueter comme "agréable" ou "désagréable", "positive" ou "négative". A partir de ces étiquettes, il agira s'accrochant à ce qui lui apporte bien-être et, en dernier terme, survie.

Il arrive, cependant, que tout ce à quoi le je peut se raccrocher est impermanent, comme lui-même. Tout passe; et mal on peut être la sécurité et la stabilité en ce qui est passager. Bien qu'il nous reste toujours une dernière anse: la croyance que, après la mort, ce sera un je durable.

La vérité, cependant, semble aller dans une autre direction. Le problème fondamental qui nous amène à la confusion et à la souffrance, et qui nous fait nous débattre entre ce que nous appelons "bon" ou "mauvais" est l'ignorance: nous ne savons pas qui nous sommes vraiment, nous méconnaissons notre véritable identité.

A cause d'elle, nous sommes d'habitude comme hypnotisés, tenant pour certaines et définitives les conclusions auxquelles notre esprit croit y arriver. La sagesse spirituelles - aussi celle de l'Evangile - vient nous dire que, au niveau profond - nous ne sommes pas ce "je" avec lequel nous nous sommes identifiés, mais le "Je Suis" universel exprimé en tant de formes. Ce que nous sommes vraiment ne meurt jamais; La seule chose qui termine est la forme historique qui l'exprimait. Le texte de l'Évangile a raison quand il dit: "La fillette n'est pas morte; elle dort".

C'est pourquoi, la question cruciale n'est pas: ce qui se passe après la mort, mais: qui sommes-nous? Tant que nous répondons de manière adéquate, nous ne sortirons pas du dilemme posé par Fidel Delgado: "Nous avons une bonne nouvelle: personne ne meurt; et une mauvaise: personne n'y croit".

 

Enrique Martínez Lozano

www.enriquemartinezlozano.com

Traducción: María Ortega

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