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DES COLONNES QUI SOUTIENNENT LE TEMPLE PARCE QU'ELLES SONT SEPAREES

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Mt 16, 13-19

Il est prouvé qu'au IV° siècle se célébrait déjà une fête en honneur de St Pierre et St Paul. Il n'est pas facile de découvrir les raisons qui poussèrent les premiers chrétiens à unir en une même célébration deux personnalités aussi différentes. Le plus probable est qu'ils ont dû être martyrisés tous les deux à Rome et presqu'en même temps pendant la persécution de Néron. Ils sont en tout cas un clair exemple que des caractères aussi peu semblables ont pu être deux anthentiques adeptes de Jésus.

On a toujours considéré Pierre et Paul comme les colonnes de l'Eglise. C'est si évident pour Paul que certains exégètes sont allés jusqu'à dire que nous ne devrions pas appeler notre religion « christianisme », mais « paulinisme ».

Pierre est le personnage le plus connu de tout le NT. Son nom y figure 182 fois. Et en dépit de cela, nous savons fort peu de choses sur sa vie. Paul au contraire est le seul apôtre dont nous pouvons faire une biographie presque complète.

La mystérieuse chute de cheval fut en réalité beaucoup plus prosaïque que le récit qui en a été fait. Après avoir « regimbé contre l'aiguillon » pendant plusieurs années, il se rendit un beau jour compte de son erreur. Sa conversion n'entraîna aucun changement dans son attitude. De pharisien fanatique il devint simplement un fanatique adepte de Jésus.

La première chose que nous montrent ces deux personnages c'est qu'il n'est pas facile d'accepter le message de Jésus. Chacun à sa façon, les deux furent les plus réticents au moment de franchir le pas et d'accepter le vrai Jésus. Pierre, très spontanément, ne perd pas une occasion de montrer son opposition à ce que dit Jésus. Il refuse par exemple d'accepter l'idée d'un Jésus qui doit aller à la mort, ce qui lui vaut les mots les plus durs de tout l'évangile adressés à quelqu'un par Jésus : « Retire toi de ma vue, Satan, tu m'es une occasion de chute ». A la Cène, il il se signale aussi par son opposition à ce que son « chef » lui lave les pieds.Un peu plus tard, il le renie par trois fois.

Paul avait été un fanatique défenseur de sa religion. Pour défendre le judaïsme, il est devenu le persécuteur de tous ceux qui embrassaient ce qui en était la pire hérésie.

Leur formation personnelle a été complètement différente. Pierre était un simple pêcheur, sans préparation aucune, mais têtu et sincère. Paul était un intellectuel. Il était passé par l'Université, qui consistait en l'étude de la loi. Comme nous le dit la préface du jour, l'un avec sa simplicité et sa spontanéité et l'autre avec sa rigueur intellectuelle, ils bâtissent l'unique église.

La difficulté rencontrée par Pierre et Paul pour suivre Jésus peut être une grande aide pour nous. Pierre, avant Pâques, a suivi un Jésus accordé à ses idéaux et intérêts de bon juif. Paul, avant de tomber de cheval, servait le Dieu de l'AT qui était à des années-lumière du Dieu de Jésus.

La difficulté rencontrée pour accepter la personne de Jésus rend plus crédible une adhésion sincère à sa personne. Ce n'est qu'après avoir dépassé l'épreuve de nos préjugés que nous serons préparés à orienter les autres dans le même suivi qui nous sauve.

Il nous faut tous passer par le douloureux chemin de maturation que suivirent Pierre et Paul. Dans leur cas, la difficulté fut pire, car tous deux durent passer d'une religion légaliste à une religiosité basée sur une expérience intérieure ce qui n'est jamais quelque chose de simple.

De l'apprentissage d'une doctrine au vécu il y a une grande distance que tout chrétien doit avoir parcourue.

Sans ce passage, la foi devient une pure théorie qui ne nous sauve pas et ne nous permet pas d'aider autrui à se sauver. Peut-être est-ce là la raison de notre échec au moment de transmettre ce que nous appelons notre religion.

Passer de la croyance au vécu est une tâche qui dure toute la vie. Nous ne finirons jamais de faire le passage parce que nous nous sentons plus à l'aise avec les sécurités que nous donne le Dieu que nous avons fait à notre mesure qu'avec la confiance totale dans le Dieu de Jésus qui est une chose toute différente.

Pierre comme Paul étaient des personnes très religieuses qui se trouvaient à l'aise dans leur judaïsme. Le contact avec Jésus a fait s'écrouler cette sécurité et les a fait entrer dans la dynamique d'une relation authentique avec ce Dieu qui est amour.

Célébrer aujourd'hui la fête de la papauté pose quelques difficultés d'ajustement. Le texte de Mathieu que nous avons lu est l'un des plus difficiles d'interprétation et a été compris de travers durant de nombreux siècles. Nous savons maintenant que Jésus n'a pas pu prononcer ces mots. Jamais Jésus n'a pu penser à une église comme celle que nous avons aujourd'hui sous les yeux. Le texte ne veut pas dire non plus ce que nous lui avons fait dire depuis. Il ne s'agit pas de bâtir sur un rocher quelque chose d'inébranlable, mais de construire un édifice de pierres vivantes dont Pierre sera la première, mais où toutes formeront un édifice unique.

En prononçant ou en écoutant le mot Eglise, nous pensons tous au Pape et à la hiérarchie. La majorité des chrétiens n'a pas encore été touchée en profondeur par le bouleversement copernicien accompli à cet égard par le concile Vatican II. Il y est question plus de cent trente fois du « peuple de Dieu », une expression plus adaptée au concept, que nous devrions utiliser quand nous parlons d'Eglise.

Jésus n'a pas pu penser à une hiérarchie (pouvoir sacré), parce qu'il a toujours été opposé à tout pouvoir. Souvenons nous par exemple: « N'appelez personne Père, n'appelez personne Maitre, n'appelez personne seigneur ». « Celui qui veut être grand, qu'il soit le serviteur et celui qui veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous ».

 

Méditation – contemplation

 

Pierre et Paul nous montrent que la foi est un long processus.

Tous nous devons passer de la croyance à la foi.

C'est un passage subtil qui a lieu à travers le vécu.

Sans lui, il n'y a pas religiosité, mais réalisation d'un programme.

 

Il ne suffit pas d'accepter des doctrines.

Ni de respecter certaines normes.

Célébrer des rites ne peut sauver.

Tout cela aura du sens quand tu le changeras en vie.

 

Une formation religieuse est indispensable.

Si je n'apprends pas à vivre ce qu'on m'a appris,

ces connaissances ne me mèneront pas à la plénitude.

Seul le vécu intérieur transformera mon être.

 

Fray Marcos

(Traduction Maurice Audibert)

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