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JESUS N'A INSTAURÉ AUCUNE ÉGLISE

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Mt 16, 13-19

Les derniers mots de ce texte ont été utilisés comme «preuve» que Jésus aurait fondé directement l'Eglise et, en son sein, aurait placé Simon Pierre comme la plus haute autorité.

À partir de là, le magistère ecclésiastique développera par après la doctrine de l '«institution divine» de l'église, et la primauté de Pierre, comme «pontife maximum» ou «premier pape», à qui tous les autres succéderaient, dans une chaîne ininterrompue jusqu'à nos jours, où le Pape Francisco serait le nombre 265.

Appuyés sur ces mots, les fidèles ont vécu diverses attitudes à travers l'histoire: confiance inébranlable(«le pouvoir de l'enfer ne prévaudra pas contre elle»); amour pour l'Eglise, bien que parfois accompagné de l'absolutisme et de l'idéalisation de cellle-ci, comme si elle n'était rien de moins qu'une «incarnation continuée» de la divinité; amour aussi pour la figure du pape, souvent non sans une sorte de papolatry mythique ou infantiloide; sans oublier que, cette doctrine du pouvoir absolu des papes s'est établie sur ce même texte dont nous parlons – rappelons les "luttes des investitures" - qui ont été vus directement comme «vicaires du Christ», détenteurs d'un pouvoir pratiquement universel, y compris l'infaillibilité.

Si tout pouvoir renferme des riques graves – d'autant plus graves qu'il soit plus absolutiste -, l'Eglise ne fait pas exception. Dans une double direction: "vers l'intérieur", tournant l'institution de l'église dans une sorte de monarchie absolue, avec une autorité sans appel, qui saperait finalement toute lueur de collégialité; et "vers l'extérieur", l'église apparaissant comme une instance de domination et de contrôle, qui ne cédérait que dans la mesure où cela lui serait enlevé par une société qui luttait de plus en plus pour son autonomie.

Dans la pratique, dans l'Eglise on a souvent oublié les sages paroles de Jésus, qui a toujours été méfiant du pouvoir: "Vous le savez, ceux qu'on regarde comme les chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. Il n'en est pas ainsi parmi vous, au contraire, si quelqu'un veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur. Et si quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre serviteur "(Mc 10,43 à 44).

Eh bien, tout en reconnaissant la légitimité du processus historique par lequel l'Église a été créée, il y a actuellement un accord entre les exégètes les plus rigoureux sur le fait que les paroles que nous commentons en aucun cas Jésus les aurait prononcées. Il s'agirait d'une réflexion de la communauté de Matthieu, déjà évoluée, que l'auteur aurait mise dans la bouche du Maître pour leur donner plus d'autorité.

En fait, il était déjà significatif le fait que Matthieu est le seul à apporter ces affirmations. Dans les textes parallèles de Marc (plus original, et lequel Matthieu lui-même suit) et de Luc, nous trouvons la même double question de Jésus à ses disciples («Qui suis-je au dire des foules?" "et vous, qui dites-vous que je suis? "). Mais ils y terminent (Mc 8,27 à 30, Lc 9,18 à 21): chez eux n'apparaît pas l'ajout spécifique de Matthieu. Nous sommes donc confrontés à la lecture de la communauté de Matthieu, mais non pas face à une parole du Jésus historique.

Une telle manière d'écrire n'était pas rare dans les temps anciens: ce qu'un groupe particulier jugait important pouvait être directement attribué à une personne célèbre - dans ce cas, le Maître -, pour lui donner une plus grande autorité.

En comprenant cela, nous relativisons de manière saine toute cette doctrine quasi fondamentaliste qui s'est construite peu à peu sur l'Église et la papauté, et nous récupérons la simplicité de l'évangile, à la lumière duquel l'Église elle-même devra également être renouvelée.

Ce qui semble clair, c'est que celui de Jésus n'a pas été un message proprement "religieux", il n'a pas non plus établi une église spécifique. Le sien a été un projet spirituel (profondément humain), avec lequel peut "connecter" toute personne.

Si le message spirituel - caractérisé par son caractère inclusif, comme une étreinte universelle qui ne s'enferme en aucun ghetto - est la priorité, l'Église, la papauté et la religion n'ont de sens que tant ils soient vécus en fonction de celui-là: au service de la personne et de la spiritualité ouverte.

 

Enrique Martìnez Lozano

Traducteur: María Ortega

www.enriquemartinezlozano.com

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