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LA FOI EN JESUS PROCURE LA SANTE

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Mc 5, 21-43

Deux évènements nous sont rapportés qui, semble-t-il, eurent lieu ensemble : les trois synoptiques nous les racontent entrelacés l'un avec l'autre (Mathieu 9, Luc 8). Le récit fait partie de l'activité de Jésus, qui passe par toute la Galilée en soignant les malades, de sorte que sa renommée devient très grande et qu'on vient à lui de partout.

Il faut noter la différence entre les gens normaux, qui emmènent leurs malades à Jésus, et les gens importants qui lui demandent de venir chez eux pour qu'il les guérisse. Mais Jésus ne se refuse à personne.

L'épisode de la femme qui touche la frange du manteau de Jésus est assez mystérieux et possède certains traits à demi-magiques qui nous surprennent. Nous nous trouvons très probablement en présence d'une amplification à demi légendaire. L'activité de guérisseur de Jésus lui procura une renommée indiscutable, et ses « succès » furent sans doute amplifiés à force d'être répétés de bouche à oreille. Pourtant l'évangéliste transcrit le récit à cause de son contenu tellement important : le pouvoir de la foi.

Une interprétation naïve et superficielle des miracles de Jésus voudrait les comprendre comme des manifestations du pouvoir divin. Avec eux Jésus démontre sa nature divine. Ceci n'est pas suffisant et telle n'est pas l'intention des évangélistes. Jésus guérit parce que l'Esprit est en lui, parce qu'il ressemble à son Père, qui est compatissant, qui est le Médecin, qui est celui qui nous a créés pour la vie et la santé.

Le plus important des miracles n'est pas qu'il s'y manifeste un pouvoir, mais quel est le pouvoir qui s'y manifeste : le pouvoir de guérir. L'action de Jésus montre ce que le Livre de la Sagesse avait découvert : Dieu n'a pas créé la mort, il ne se réjouit pas de la destruction des vivants ; il a tout créé pour durer...

Le Dieu de Jésus est un père qui crée par amour, pas un ingénieur qui fabrique pour faire étalage de son pouvoir. Le Dieu de Jésus est un père qui engendre et travaille pour que ses enfants puissent réussir leur vie. Voilà le premier fondement de notre confiance en Dieu.

Bon nombre de personnes pensent à un Dieu lointain, créateur d'il y a des milliers d'années, absent pendant notre vie, et qui attend au bout tel un juge implacable. Tel n'est pas le Dieu que nous voyons en Jésus. Il est une mère qui rêve d'avoir des enfants parce que c'est cela à quoi le pousse l'amour. Il n'aime pas les enfants qu'il a et connaît déjà, mais il donne la vie parce qu'il aime par avance. Et il ne les abandonne pas : il travaille pour qu'ils arrivent à quelque chose, il leur donne à manger, les soigne, les corrige. Et il leur prépare un banquet à partager quand ils parviendront au bout du chemin.

Ces images de la vie humaine sont bien plus encourageantes, mais surtout ce sont celles de Jésus, pas celles que nous avons inventées.

Jésus fonde et complète le livre de la Sagesse. Notre foi dans l'immortalité ne repose sur aucune philosophie, ni sur Platon ou Pythagore, ni sur aucune sagesse humaine ; elle repose sur le fait que nous connaissons Dieu et savons comment est le cœur du Créateur.

On conçoit parfois l'histoire de la Création comme se déroulant en trois étapes : d'abord le Grand Ingénieur, seul ; ensuite le Grand Ingénieur qui crée toutes choses, faisant étalage de puissance et de sagesse ; finalement le Grand Ingénieur de nouveau seul, quand toutes choses, créatures temporaires, auront disparu.

Le Dieu de Jésus nous fait penser à un autre schéma : la mère, d'abord, qui rêve d'avoir des enfants et les aime dès avant qu'ils naissent ; ensuite la mère qui travaille pour qu'ils réussissent leur vie, les instruisant, les alimentant, les soignant ; et enfin tous les enfants réunis à la maison, au bout du long voyage, maintenant hors de tout danger et de tout mal.

Cette image n'explique évidemment pas pourquoi la route est obscure, pourquoi nous sommes exposés à tant de risques, pourquoi le Père a permis qu'il y ait tant de malheur et tant de douleur le long du chemin. Mais l'image reste valable, même si elle est incomplète. Et elle est la source de notre foi en la vie définitive (et de notre espérance que personne ne manquera au banquet, parce que s'il manquait quelqu'un, la joie du Père ne pourrait être complète).

Le grand nombre de guérisons que rapportent les évangiles, celui de Marc en particulier, révèle par conséquent un aspect fondamental de Jésus. Le fils est « aux affaires de son Père ». Les affaires de son Père, ce sont ses enfants, et le Premier-Né, le Fils Préféré, rempli de l'Esprit de son Père, se consacre totalement à guérir et à illuminer, à libérer des servitudes tous ceux qui trébuchent, pauvres, riches, juifs, païens, samaritains, publicains, prostituées : pour Jésus il n'y a aucune différence, tous sont des enfants qui ont besoin de lumière et de guérison.

Les détails de chaque guérison sont anecdotiques et nous aident à comprendre qu'il s'agit de faits, pas de narrations mythiques, bien qu'il soient amplifiés par la légende. Ce qui nous importe dans toutes les guérisons de Jésus, c'est de voir avec les yeux de la foi : comprendre comment est Dieu, nous rappelant de la phrase de l'évangile de Jean : « Qui me voit, voit le Père ».

Voilà comment situer correctement la foi. Il serait naïf de penser que le secret de la guérison réside dans le fait que Dieu récompense la foi placée en lui. Cette attitude est semblable à celle de ceux qui pensent que la prière peut tout obtenir, comme si nous pouvions « forcer la volonté de Dieu ».

La foi dont nous parle Jésus n'est pas le déclencheur d'un effet magique. Jésus loue la femme et Jaïre qui ont eu confiance en lui, alors que d'autres s'en méfient ou le rejettent. Ceux qui croient en lui, s'approchent et sont guéris. Plus significatives encore que la foi de la femme sont l'incrédulité et les moqueries dans la maison de Jaïre. Mais « Ne crains pas, il te suffit d'avoir foi ».

Nous ne pouvons pas nous permettre la naïveté de classer comme des certitudes rationnelles, des évidences, toutes nos convictions, notre foi en la bonté de Dieu, en Jésus lui-même. Nous parlons de foi et, concrètement, de foi en Jésus, autrement dit du fait de confier en lui, de parier pour lui.

Tout le monde parie : certains parient uniquement pour jouir de la vie. C'est une mise qui peut mal tourner. Certains d'entre nous parient pour Jésus de Nazareth, ses critères et ses valeurs. C'est un pari raisonnable : il donne sens à la vie pour tout le monde, conduit à davantage de développement personnel, à plus de solidarité. Et il est basé sur la crédibilité d'une personne admirable...De là vient la foi, notre pari personnel pour Jésus et pour le Dieu de Jésus, avec toutes ses conséquences.

Mais il existe aussi un défi au bonheur : tout le monde veut se soigner car tout le monde abhorre la douleur, le mal, parce que tout le monde veut être heureux. Maladie et mort, et tant d'autres choses font écran au bonheur. Le défi humain c'est de connaitre le bonheur dans une vie souvent hostile.

Le défi pour un bonheur basé sur « tout me réussit » est un échec. L'Ancien Testament est ancré sur l'idée que « tout réussit aux justes parce que Dieu les protège », or c'est un mensonge. La réalité c'est que, pour tous, beaucoup de choses se passent mal, et que tout le monde meurt.

Le bonheur est-il possible dans un monde plein de malheur et débouchant sur la mort ?

Cette certitude d'un échec total de l'existence en a désespéré beaucoup et est devenu un argument pour nier qu'il puisse exister un dieu devant tant d'absurdité et de douleur.

Ceux qui croient en Jésus et le suivent ont sur les choses un regard différent, plus existentiel, moins basé sur la connaissance. Avant tout, ils ne voient pas le bonheur comme quelque chose qui vient du dehors, en conséquence de satisfactions reçues, mais comme une satisfaction intérieure pouvant être plus forte que la joie ou la tristesse procurées par les évènements.

Ensuite, ils voient la vie non comme recherche de leur satisfaction propre, mais comme mission de faire autant que possible que les autres puissent éviter la douleur.

Enfin ils ne prétendent pas comprendre la providence divine, mais laissent leur propre destin et celui des autres entre les mains de Dieu, confiants dans le fait que le Père saura les pourquoi et que l'avenir de ses enfants est entre ses mains.

Ainsi la recherche du bonheur se transforme : on ne cherche plus simplement à se sentir bien du fait que tout va bien, mais à se sentir bien parce que nous trouvons sens, mission et confiance dans l'Amour qui est Tout Puissant... malgré le monde malheureux.

 

José Enrique Galarreta

(traduction Maurice Audibert)

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