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NOUS SOMMES LE FILS UNIQUE DE DIEU

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Jn 3, 16-18

Il est caractéristique du langage religieux de ne pas avoir du sens que pour ceux qui partagent cette religion-là. Parce qu'il s'agit d'un «langage privé», qui utilise les clés propres à lui-même.

C'est pourquoi, quand on le prend mot à mot, il ne pourra être saisi que par ces personnes qui partagent le même credo et, en plus, se trouvent situées au même niveau de conscience dans lequel le texte a été rédigé.

C'est ce qui peut nous arriver dans la lecture de ce texte. Il donne pour supposé l'existence de Dieu comme un être séparé, et il veut le montrer comme amour envers l'humanité. Et la "preuve" de cet amour c'est qu'il offre son propre Fils.

Tant que le lit une personne chrétienne qui se trouve à un niveau de conscience mythique et dans une perspective duelle (mentale, théiste), le texte n'offre pas de difficulté, parce qu'il est écrit précisément dans ces mêmes clés.

Pour un chrétien, qui est dans ce stade, il s'agit tout simplement de l'adhésion mentale à une croyance: Dieu a envoyé son Fils, pour nous sauver, et cela constitue la plus grande preuve de son amour pour nous.

Cependant, dès qu'on modifie la perspective du lecteur -parce qu'il a dépassé le stade mythique ou il commence à se situer dans une perspective non-duelle-, les difficultés surgissent immédiatement. Parce qu'on a modifié les "clés" de lecture, et avec elles, les images utilisées.

Si, d'autre part, une personne non-religieuse approche le texte, elle ne pourra pas entrer en harmonie avec lui, puisque son propre "langage privé" serra un obstacle presque insurmontable.

Avec tout cela, il semble nécessaire une attention double dans sa "traduction": d'une part, il faudra utiliser un langage "universel", où tous puissent se reconnaître; d'autre part, il faudra transcender la littéralité et démêler le contenu perçu dès la perspective non-duelle.

Si le terme "Dieu" fait référence au Mystère de ce qui est, son "Fils" est, tout simplement, tout ce que nous percevons. La tradition chrétienne l'a personnalisé en Jésus de Nazareth. Mais, dès la non-dualité, Jésus est simplement expression de ce que tous nous sommes.

Parler d'un Dieu personnel qui «donne» son Fils pour nous sauver, et qui est présenté comme une preuve d'amour pour nous, ressemble trop à une projection de nos manières humaines de faire. Cependant, l'intuition est correcte: le Mystère de ce qui est, nous est "donné" en permanence dans le déploiement de tout ce qui se manifeste. C'est pourquoi, en toute personne, tout objet, toute circonstance, nous pouvons apprécier son "visage". Et, au-delà des «péripéties» existentielles que notre mental prend pour "réel", ce Mystère est amour débordant.

Parce que l'amour n'a rien à voir avec l'émotionnel ni, beaucoup moins, avec les attachements caractéristiques du moi appropriateur.

Amour est la claire conscience de non-séparation de rien. Donc, c'est le premier constat: il n'y a rien séparé de rien; tout se trouve admirablement mis en relation, c'est-à-dire, tout est amour. Bien au-delà de ce qui puisse arriver, bien au-délà de comment pourront se sentir les "moi-je", tout constitue un réseau unique, dont nous ne pourrons jamais nous séparer.

C'est peut-être ce fait qui a conduit les religions à proclamer que le "premier commandement" devait être "l'amour de Dieu par-dessus tout." Avec le changement de perspective, ce qui aurait pu nous sembler être une exigence d'un Dieu jaloux, nous l'avons perçu comme une déclaration de sagesse: aimer Dieu par-dessus toutes choses signifie reconnaître l'unité de tout, et vivre en cohérence avec cela.

Celui qui perçoit cece, est déjà "sauvé". Celui qui ne le voit pas - ajoute le texte - "est déjà condamné." Mais non pas parce qu'il n'ait pas une adhésion mentale à la personne de Jésus –tel que la lecture mythique le comprenait, condamnant ceux qui ne professaient pas, mentalement, la "vraie foi"-, mais parce qu'il reste dans la confusion de croire que nous sommes comme des îlots séparés, et que le petit moi ou ego constitue notre identité ultime.

Croire au "Fils unique de Dieu" c'est ouvrir nos cœurs et notre regard pour reconnaître que tout est Un: tous –tout– nous sommes le Fils unique de Dieu, l'expression qui prend le Mystère en tant de formes changeantes.

 

Enrique Martìnez Lozano

Traducteur: María Ortega

www.enriquemartinezlozano.com

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