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LA CROIX ET LE SILENCE DE JÉSUS

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Mt 21, 1-11

Voici plusieurs éléments frappants de ce récit de la passion fait par Matthieu:

• L'intérêt pour «culpabiliser» les autorités juives – et, parallèlement, "déculpabiliser" celles romaines – de la mort de Jésus. Il semble qu'on trouve une double intention de fond: exprimer la confrontation avec le judaïsme, déjà de front dans les années 80, et ne pas « déranger» les romains, peu à peu les communautés se propageaient sous leur empire. À tout cela il faudrait ajouter possiblement, l'intentionalité de laisser claire l'innocence de Jésus.

• L'incohérence du pouvoir, malgré l'innocence claire de l'accusé, décide également la peine.

• Les tortures subies par le condamné, qui apportent à notre regard tant d'hommes et de femmes torturés dans de nombreuses façons tout au long de notre histoire humaine.

• Les moqueries de l'autorité religieuse, qui rappellent d'autre part, les tentations qui ont accompagné la vie de Jésus.

• Les mots mis dans la bouche de Jésus mourant ( «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? " ), qui n'auraient pas été prononcés par lui-même, mais reprendraient le sentir du premier évangéliste ( Marc ), et qui sont pris du Psaume 22.

• Les signes apocalyptiques utilisés par l'auteur pour souligner la transcendence de cette mort, vue à partir de sa propre foi...

Cependant, à cette occasion, c'est le silence de Jésus qui a plus "touché" le plus mon coeur. Si nous exceptons les premiers mots du Psaume 22, et qui semblent être une attribution de l'auteur, de la bouche de Jésus ne sort pas un mot. Même, dans l'interrogatoire auquel Pilate le soumet, et face à son étonnement, Jésus se tait.

Certes, il existe différents types de silence: celui qui est imposé, le mutisme choisi, celui qui exprime l'indifférence ou la lâcheté, ou même le mépris et la disqualification de l'autre... Il ne semble pas que le silence de Jésus ait place en aucune de ces catégories.

Personnellement, je parviens à voir trois niveaux dans ce silence: d'une part, c'est une expression de dignité, propre à quelqu'un qui a été et reste fidèle à lui-même; de l'autre, de confiance, caractérisitque de celui qui se sait soutenu et fondé, au-delà des circonstances changeantes; et, enfin, dans une dimension encore plus profonde, de sagesse, c'est-à-dire, de lien avec son identité la plus profonde.

Tant la dignité et la confiance ne sont pas difficiles à comprendre, surtout, tenant compte qu'ils avaient été des signes distinctifs de la pratique et du message du maître de Nazareth.

Mais, qu'est-ce signifie que ce silence soit une expression de la sagesse ? Les sages et les mystiques ont quelque chose à dire à ce sujet: pour eux, le silence n'est pas mutisme, mais condition nécessaire pour percevoir en profondeur, c'est à dire, pour accéder à la vérité a laquelle le raisonnement ne peut pas accéder. En fait, ils ont tous parlé du vide, de l'oscurité, du ne-pas-savoir, de la non-pensée... comme une condition préalable à une connaissance plus profonde.

Non pas seulement cela. Le silence, ainsi compris, n'est pas seulement absence de bruit, absence de la pensée et absence d'ego, même s'il insère tout cela. C'est, essentiellement et fondamentalement, un état de conscience. Ce que nous sommes en profondeur, Ce qui constitue notre véritable identité.

En ce sens, l'opposé à "silence" c'est l'identification avec le mental, et avec l'identité qu'il pense: l'ego. De là, nous vivons nécessairement en réagissant à ce qui arrive, à ce qu'on nous disons ou on nous fait, dès la perspective et les mécanismes propres à l'ego.

"Silence" est un autre nom de notre véritable identité, celle qui ne peut être pensée, car elle n'est pas objectivable. Il évoque le «Néant», de Jean de la Croix ou de Miguel de Molinos, le Vide du zen, ou le sunyata du bouddhisme.

Molinos s'y référait en ces termes: "entrez dans la vérité de votre néant et vous ne vous inquiéterez de rien... Oh, quel trésor vous trouverez si vous faîtes du néant votre demeure ... Si vous êtes enfermé dans le néant, où les coups des adversités n'arrivent pasatteint ! les coups de l'adversité, rien ne vous fera de la peine, rien ne vous inquiétera. C'est par ici que vous devrez arriver à la seigneurie de vous-même, parce que ce n'est que dans le néant que règne la parfaite et la vraie maîtrisse".

En se connectant avec notre véritable identité, nous prenons distance de notre mental et de tous ses mouvements (mentales et émotionnels), et il nous est donné d'accéder à cette "Espaciosité" sans frontières que nous sommes -pure conscience d'être - et qui peut très bien être désignée comme "Silence".

Silence est la demeure du sage: +a partir de lui on vit, ou plutôt, permet que la Vie vive, s'exprime et coule à travers sa personne. C'est pourquoi, il n'y a pas de réactions, mais tout simplement des réponses.

Dans tout le processus juridique qui mettrait fin à la torture et à l'exécution, Jésus vit en relation avec sa véritable identité dans le Silence, où il se sent sauf et d'où il peut vivre même la plus grande injustice avec un regard de confiance et de pardon envers ses bourreaux.

 

Enrique Martìnez Lozano

Traducteur: María Ortega

www.enriquemartinezlozano.com

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