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LA NOUVELLE EVANGELISATION... DE JESUS

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Mc 4, 26-34

Marc rapporte très peu de paraboles (7), si on le compare avec Mathieu (26) et Luc (21). Six de celles-ci se retrouvent chez Mathieu et Luc, et une seule est propre à Marc sans parallèle ailleurs dans l'Evangile. Il s'agit de la première de celles que nous lisons dans l'évangile d'aujourd'hui (le grain qui pousse pendant la nuit). La seconde, le grain de moutarde, a son parallèle en Mathieu 13 et Luc 13, avec une rédaction pratiquement identique, et Marc propose un final (qu'on retrouve chez Mathieu):

«Et il leur annonçait la Parole avec de nombreuses paraboles semblables, selon qu'ils pouvaient le comprendre ; il ne leur parlait pas sans paraboles ; mais à ses disciples il expliquait tout en privé.»

De tout ceci nous concluons que les paraboles montrent le style de Jésus.

Il s'agit d'un style nouveau (les « paraboles » de l'Ancien Testament ne sont pas comme celles de Jésus ; nous devrions plutôt les appeler « allégories », à l'exception de celle que le prophète Nathan présenta à David pour l'accuser de sa conduite perverse : faire mourir son général Urie pour prendre sa femme Bethsabée (II Samuel 11, 27).

Jésus ne fait pas de théologie rationnelle, et encore moins de métaphysique. Il raconte des histoires, des contes, tirés de la vie réelle ou inventés, pour que tout le monde le comprenne.

Ceci cadre très bien avec l'exclamation de Jésus en Luc 10,21 : « A ce moment-là, Jésus fut rempli de joie dans l'Esprit Saint et dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et tu les as révélées aux petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi ». C'est exactement ce que sont les paraboles, une révélation « pour les petits ». Et elles sont tellement simples qu'elles échappent aux sages et aux savants.

Voilà peut-être un des problèmes de notre orgueilleuse théologie, tellement métaphysique, tellement accessible aux seuls sages et savants, tellement oublieuse des paraboles.

D'autre part, « il expliquait tout en privé à ses disciples ». Nous nous sentons transportés à la maison de Capharnaüm, à l'heure du souper, et aux cotés de Philippe ou de Thomas ou d'un autre, qui, entre deux bouchées demande à Jésus : »Explique-nous l'histoire de la moutarde ». Et Jésus, entre deux bouchées, le leur explique. Je ne peux m'empêcher de voir ici la racine de la « Cène du Seigneur », sa semence en quelque sorte : autour de la table, pendant le repas, Jésus présent et La Parole...

Et en fin de compte, comme Jésus aime les paraboles « végétales » : les semailles, le grain semé, l'ivraie, la récolte, la moutarde, le grain qui pousse tout seul, le levain !... C'est une nouvelle image de Dieu ; à partir du petit, du caché, de l'intérieur, sans bruit.

Les yeux de Jésus savaient lire les choses. Tout lui parlait de Dieu, et du Royaume, et c'est pourquoi il pouvait parler de Dieu à partir de n'importe quoi. Les paraboles de Jésus naissent de sa contemplation et nous donnent une excellente indication pour notre propre contemplation. Il nous arrive de vouloir contempler avec l'intelligence, mais c'est avec les yeux que l'on contemple, goûtant ce que l'on voit, découvrant Dieu en toute chose.

A Nazareth, de nuit, Jésus est sorti de la maison et il s'est assis pour écouter le murmure des moissons : Jésus les entend grandir, il sent comment la force de la vie les fait croître, sans que personne s'en rende compte, pendant que le fermier dort.

Avec quoi contempler le Royaume de Dieu ? Avec cette vie intérieure, cette action secrète, permanente et silencieuse, qui depuis l'intérieur fait grandir notre foi, notre désir de servir le Royaume. Dieu force vitale, permanente, fidèle, puissante, discrète, voilà l'action de Dieu.

C'est quelque chose d'apparemment tout petit, qui passe inaperçu, tel un grain de moutarde que l'on voit à peine dans la paume de la main. Mais il grandira, si puissamment que les paysans le redoutent car il peut envahir n'importe quel terrain. Et il grandit et grandit jusqu'à devenir presqu'un arbre, et les oiseaux peuvent se poser sur ses branches.

Allons-nous comparer le Royaume de Dieu à une puissante armée qui s'impose au monde ? Dieu n'est pas comme ça, ni son action. Depuis l'intérieur, en silence, sans bruit.

Nous autres, l'Eglise, pour expliquer les choses de Dieu et du Royaume, nous avons bien oublié les humbles paraboles et leur avons substitué des concepts solennels et tarabiscotés. Nous les avons oubliées au point d'avoir perdu la confiance en l'action inébranlable de Dieu et de mesurer notre croissance intérieure à l'aune de notre force de volonté, de notre peur du châtiment et de notre désir de récompense...

Il n'en va pas ainsi, Jésus l'a clairement dit. Revenir aux paraboles de Jésus devrait être la préoccupation constante de ce que nous appelons «nouvelle évangélisation».

 

José Enrique Galarreta

(traduction Maurice Audibert)

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