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DIEU N'A NI PASSE, NI AVENIR. IL EST, TOUT SIMPLEMENT

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Lc 21, 5-19

Nous voici à l'avant-dernier Dimanche de l'année liturgique. La prochaine fois, nous célébrerons la fête du Christ-Roi, qui achève le cycle. Aujourd'hui encore, l'évangile nous invite à réfléchir sur l'au-delà.

Il est très difficile de comprendre aujourd'hui le langage apocalyptique et eschatologique si courant au temps de Jésus. Il correspond à une autre manière de voir l'homme, Dieu et la réalité présente. De ce point de vue, il est logique qu'ils aient aussi une autre façon de voir le dernier («esjaton»).

Une fois de plus ce qui intéresse les disciples, c'est plus la question du quand et du comment, que le message lui même.

Le peuple juif dans l'Ancien Testament et les chrétiens dans le Nouveau sont tournés vers l'avenir. Cette attitude les différencie des peuples environnants. Ils se trouvent sans cesse en tension, en train d'attendre un salut qui doit venir.

Pour eux, ce salut ne peut venir que de Dieu. Depuis Noé, à qui est proposé quelque chose de neuf à partir de la destruction de l'ancien. Abraham auquel il est demandé de quitter son pays pour lui offrir une descendance et un pays qui lui soit propre. En passant par l'Exode, qui fut la plus grande expérience de salut, de l'esclavage à la terre promise. Ils ont tous vécu dans l'espérance de quelque chose de meilleur, que Dieu allait leur donner.

Les prophètes se chargèrent de maintenir vivante cette attente d'un salut définitif. Mais en y introduisant aussi un aspect nouveau: le jour de ce salut aurait dû être un jour de joie, de bonheur, de lumière, mais à cause des infidélités du peuple les prophètes se mirent à l'annoncer comme un jour de ténèbres, où Dieu châtierait les infidèles et sauverait le reste. Ce discours visait à provoquer la conversion.

Les chrétiens ne voient pas d'inconvénient à utiliser les images transmises par la tradition juive, et le climat religieux dans lequel elle se développait. Le NT met dans la bouche de Jésus un langage qui s'appuie sur la toile de fond des connaissances et des images que lui fournit l'AT.

A l'époque de Jésus, on croyait imminente cette intervention définitive de Dieu. La prédication de Jean Baptiste et de Jésus se déroule dans cette ambiance. Les premières communautés chrétiennes accentuèrent encore cette expectative d'un final imminent. Mais dans les derniers écrits du NT, il y a maintenant une tension palpable entre l'attente immédiate de la fin et la nécessité de se préoccuper de la vie présente. Comme rien n'arrive dans les premières années du christianisme, les communautés se préparent à la durée.

Avec les connaissances que possède aujourd'hui l'être humain et le niveau de conscience auquel il est parvenu, il n'y a nul besoin de recourir à l'action de Dieu, ni pour détruire le monde et en créer un autre plus parfait (apocalyptique), ni pour corriger tout le mal qu'il y a en lui pour arriver à la perfection (eschatologique).

La justice de Dieu n'est pas à l'image de la justice de l'homme, elle est seulement plus parfaite. La justice des hommes est le rétablissement d'un équilibre perdu pour une injustice. Dieu, pour être juste, n'a pas à agir immédiatement après un acte ni en un dernier jour hypothétique où tout serait définitivement rectifié.

Dieu ne fait pas justice. Il est justice. Tout acte, bon ou mauvais, comporte déjà en lui même sa récompense ou sa punition, sans qu'il y ait besoin de la part de Dieu d'aucun acte postérieur. Devant Dieu tout est juste à tout moment.

Nous pouvons enfin cesser de plaquer sur Dieu notre justice. Dieu est justice et la création entière est toujours en accord avec ce qu'il est, Lui. Il a voulu notre contingence comme des créatures que nous sommes. La

douleur, le péché et la mort ne sont pas chez l'homme un échec, mais ils appartiennent à sa nature même. Le salut ne consistera pas à ce que Dieu nous libère de ces limites, mais à réaliser qu'Il est sans cesse avec nous et que tout homme peut atteindre la plénitude d'être, malgré elles.

Ce que nous croyons aller mal dans le monde et qui ne dépend pas de l'homme n'est rien d'autre qu'un manque de perspective. Un regard qui porterait plus loin que les apparences nous convaincrait qu'il n'a rien à changer à la réalité, mais qu'il nous faut changer notre façon de l'interpréter.

Ce qui devrait nous préoccuper vraiment c'est ce qui va mal par la faute de l'homme. C'est ce qui devrait être notre champ d'opérations. Là, notre tâche est immense. L'être humain cause tant de mal à d'autres êtres humains et au monde lui même que nous devrions être terrifiés.

La référence à la destruction du temple ne doit pas nous étonner. Cet évangile a été écrit entre l'année 80 et 90 et cette catastrophe s'était déjà produite. Pour un Juif, la destruction du Temple était la « fin du monde ». Il était logique d'associer la destruction du Temple et la fin du monde parce que le temple était tout pour eux, la sécurité complète. L'existence sans le temple était impensable. D'où la question: « Quand cela va-t-il arriver? ». Mais Jésus répond en parlant de la fin des temps, pas du temple. La seule préparation possible est la confiance totale en ce que Dieu nous donne.

Cependant Jésus introduit de nouveaux éléments qui changent l'essence de la vision apocalyptique. Ce qui impressionne Jésus, ce n'est pas seulement la fin, mais l'attitude de chacun devant la réalité actuelle (« avant celà »). Ce qui intéresse Jésus, c'est le présent du croyant. Que personne ne vous trompe! (toute ma prédication pourrait se résumer en cette idée.) Ni la fin, ni les catastrophes n'ont la moindre importance si nous savons garder l'attitude qui convient. La réalité ne doit pas nous troubler (« n'ayez pas peur »). Nous savons que la réalité matérielle s'achève, mais l'essentiel demeure.

Ni l'absence de conflits (il y en aura toujours), ni la promesse de bonheur , ne peuvent nous donner la sécurité, mais seulement la confiance en Dieu. Nous n'avons pas non plus à construire des « temples » qui nous donnent la sécurité. Ni organigrammes, ni doctrines, ni un christianisme sociologique ne garantissent notre salut. Tout au contraire, peut-être la disparition de ces sécurités nous aidera-t-elle à chercher notre véritable salut. St Ambroise disait déjà: « Les empereurs nous aidaient davantage lorsqu'ils nous persécutaient que maintenant qu'ils nous protègent ».

L'essentiel du message d'aujourd'hui est l'importance du moment présent face aux peurs pour un passé ou les spéculations sur l'avenir. Ici et maintenant je puis découvrir ma plénitude. Ici et maintenant je puis toucher l'éternité. Aujourd'hui même, je puis arrêter le temps et parvenir à l'absolu. En un instant, je puis vivre la totalité non seulement de mon être individuel, mais la TOTALITE de qui a existé, existe et existera.

Pour l'éveillé il n'y a aucune différence entre passé, présent et futur. Si je dépend de mon faux moi, je choisirai de prolonger éternellement cette vie et me couperai l'accès à mon être véritable.

En mourant, Jésus a vaincu la mort. Mais ne nous trompons pas, sa mort n'a pas été une comédie, même douloureuse, pour récupérer la même vie qu'il avait perdue. Ce qui le projeta vers l'absolu a été l'acceptation totale de sa limitation. Ce n'est qu'en découvrant et acceptant pleinement mes limites que je pourrai entrer dans la dynamique de l'éternel qu'il y a en moi. Le pire danger qui nous guette est de chercher dans la vie spirituelle la manière de faciliter la vie matérielle.


Méditation – Contemplation


« Que personne ne vous trompe ».

Nous sommes souvent convaincus par ce qui flatte l'oreille.

Alors que la vérité attend un effort de notre part,

nous cherchons des échappatoires plus faciles.

 

Les prédicateurs de toujours le savent bien,

et tentent de nous tromper.

La seule façon d'échapper au chant des sirènes,

c'est d'approfondir la réalité de notre être.

 

Toutes les promesses d'avenir faites au nom de Dieu

sont fausses, car Dieu n'a pas d'avenir.

Dieu ne promet pas, il donne. Il se donne depuis toujours et pour toujours.

Il nous faut entrer dans cette éternité du don.

 

Fray Marcos

Trad. Maurice Audibert

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