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GARE AU MÉRITE

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Lc 18, 9-14

L'évangile laisse en évidence deux attitudes qui, tout en étant profondément égoïstes, peuvent passer inaperçues: l'indifférence et la religiosité basée sur le mérite.

En fait, il ne pouvait pas en être autrement, si l'on considère que le message de Jésus est précisément basé sur la Compassion et la Grâce. Et c'est ainsi qu'il montre Dieu: Compassion gratuite et Grâce compatissante.

Face à celles qu'on appelle "paraboles de la miséricorde" (Lc 15), il y en a trois autres qui dénoncent avec force inusitée l'indifférence du riche qui ne voit pas (Lc 16, 19-31), celle des personnes religieuses (prêtre et lévite ) qui "passent à bonne distance" (Lc 10, 25-37) et de ceux qui sont incapables de reconnaître Jésus chez une personne quelconque qui souffre (Mt 25, 31-46).

Et face à un message de grâce qui perturbe nos schémas et nos hiérarchies, nos idéaux de perfection et d'exigence, notre idée de récompenses et de rémunérations, la religiosité est dénoncée -typiquement pharisaïque, mais présente dans toutes les religions-, fondée sur le mérite et la récompense.

Une parabole qui démonte cette sorte de religiosité dans laquelle, paradoxalement, nous avons été formés pendant des années, est connue comme celle "des ouvriers dans la vigne" (Mt 20,1-16). Les travailleurs de la "dernière heure» reçoivent exactement le même que les premiers, qui "ont supporté le poids du jour et de la chaleur". Non seulement cela: quand ceux-ci vont se plaindre auprès du propriétaire , ils reçoivent une réponse déconcertante pour nos schémas: "Vas-tu être jaloux parce que je suis bon?".

Aussi bien l'indifférence que le mérite ce sont des signes caractéristiques de l'ego dans sa façon de se situer dans la vie et la religion. L'ego est incapable de compassion et d'empathie: il vit enfermé dans sa coquille de besoins et de peurs, en essayant d'obtenir une existence agréable pour soi-même, indépendamment de tout autre critère .

De la même manière, il est incapable de gratuité: il a besoin de s'approprier de tout ce qu'il fait et, dans sa vie calculée, il doit obtenir de l'intérêt de toutes ses actions. Si nous transférons ceci à la religion, il est facile de comprendre qu'il la vive aussi comme un moyen pour obtenir réponse à tous ses besoins: se sentir en sécurité, méritant, sauvé, pardessus tout autre... Et qu'il attende que Dieu lui "récompense" de manière adéquate tous ses efforts.

C'est exactement ce que nous voyons dans la figure du frère aîné de la parabole du "fils prodigue" ("tant d'années que je te sers, et tu ne m'as jamais donné un chevreau"), et dans celle des travailleurs de la "première heure", réclamant plus de récompense que ceux qui étaient arrivés à la fin de la journée.

L'ego réclame le "chevreau" et le "salaire". Mais dès qu'il voit que l'autre, qui soi-disant n'a pas eu un comportement semblable au sien, reçoit la même chose que lui, il se rebelle et exige davantage.

La dénonce de la religiosité fondée sur l'idée de mérite apparaît aussi magnifiquement incarnée dans la parabole que nous lisons aujourd'hui. En fait, Jésus la raconte "pour quelques uns qui, se tenant pour des justes, se sentaient sûrs d'eux-mêmes et méprisaient tous les autres".

Il s'agit d'une religion "autosatisfaite", qui place la personne sur un piédestal d'orgueil et de suffisance, à partir duquel elle se permet de juger tous les autres. Cependant, sa propre prière la trahit parce qu''on la voit condamner ce qui, dans son inconscient, elle voudrait faire.

Or, le plus grave de cette sorte de religiosité n'est qu'elle produit une attitude de comparaison et même de mépris envers l' autre, mais que la personne elle-même vit "non réconciliée " avec elle-même .

Ce que nous condamnons chez d'autres, parce que cela nous agace, réside en nous, caché et refoulé. C'est pourquoi, quand nous jugeons et disqualifions les autres, sans nous en rendre compte, nous nous montrons nous-mêmes. Et tant que nous ne le reconnaissons comme nôtre, nous vivrons brisés, rejetant des élements qui font partie de notre personne. Cette même fracture interne est celle qui provoque un ressentiment plus ou moins latent envers les autres.

Le disant en positif: en reconnaîssant et acceptant notre propre ombre - tout ce qui à un moment donné nous avons dû nier, cacher, dissocier, réprimer ...- , nous grandissons en unité et en harmonie. Les jugements et les disqualifications disparaissent et nous rentrons dans un chemin d'humilité et de grâce.

L'acceptation de l'ombre nous fait descendre du faux pédestal sur lequel l'ego névrosé nous avait placés et nous permet de grandir en humilité et, en dernier terme, en humanité.

 

Enrique Martìnez Lozano

Traducteur: María Ortega

www.enriquemartinezlozano.com

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