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L'INDIFFÉRENCE ENGENDRE DES ABÎMES

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Lc 16, 19-31

Si je devais choisir un mot à partir duquel lire ce récit, ce mot serait «abîme» . Et si je devais donner un nom à l'attitude qu'il dénonce , ce serait «l'indifférence ».

L'abîme est à l'origine des douleurs de Lazare, et l'abîme est ce qui provoque la douleur du riche. Dans les deux "images" de la parabole - symbolisées par l'avant et l'après la mort -, on souligne avec intensité la fracture comme la cause du mal .

Or, cette rupture n'est pas accidentelle, ni provoquée par Dieu, qui punirait les riches pour toute l'éternité. Elle est causée par l'indifférence du riche lui-même qui, dans son aveuglement, ne «voit» pas le pauvre homme qui gît à sa porte.

L'indifférence est, tout d'abord, cécité, parce que c'est inconscience. Certes, elle constitue un mécanisme de défense, avec lequel nous nous endurcissons face au besoin et à la douleur des autres - «loin des yeux , loin du cœur» - mais , en dernier terme, cela vient de ne pas «savoir» que l'autre est non-séparé de moi. Et que tant le mal que je lui fais, comme le bien que je laisse de lui rendre, je le fais à moi-même. C'est pourquoi, le riche reçoit exactement ce qu'il donne .

La parabole nous fait voir aussi que cette inconscience est si profonde qu'elle ne s'arrange pas, même si nous voyons ressusciter un mort. Car même pour cela nous trouverions une «explication» qui nous permettrait de continuer à être endormis dans le bien-être de notre ego.

La seule chose qui va nous sortir de là est la sagesse – l'expression de "Moïse et les prophètes" signifie cela, « la manière juive de désigner leur livres sacrés -, c'est-à-dire, cette «autre » manière de voir, qui nous amène à reconnaître que nous ne sommes pas l'ego qui fracture et qui ne pense qu'à lui-même et à ses intérêts, mais la Conscience unique que nous partageons tous .

Ce n'est pas étonnant non plus que l'évangile dénonce, par-dessus tout , l'indifférence, ainsi que l'attitude la plus négative. Il est tout à fait cohérent si l'on considère que l'indifférence est justement le contraire de la compassion, qui constitue le cœur du message de Jésus.

La compassion nous fait vibrer "dans nos entrailles" face à la douleur –d'autrui et la nôtre -, et nous pousse à lui donnner une réponse efficace. L'indifférence nous endort dans le petit abri de l'ego.

Cependant, ici aussi, une lecture en clé "moralisante" n'a pas de sens. Les neuroscientifiques nous rappellent que ce mécanisme de défense a beaucoup à voir avec le cerveau et avec nos expériences de l'enfance. Ils expliquent que, en cas d'attachement pas sûr – insécurisant, ambivalent, évitable -, il n'y a généralement pas de moments de résonance qui créent un «nous». «Quand mes circuits de résonance sont activés je peux ressentir ce que l'autre personne sent ... Cependant, si je ne peux pas m'identifier avec personne, ces circuits de résonance finiront par s'éteindre. Je vais voir les autres comme des objets, comme «ils» et non pas comme «nous» (D. Siegel, Mindsight. Nouvelle science de la transformation personnelle, Polity Press, Barcelone 2011, p.332). Lorsque, pour certaines carences émotionnelles, ces circuits sont éteints, ces capacités d'empathie et de compassion peuvent rester diminuées ou même étouffées.

Tout doit recommencer alors, donc, par une acceptation de ce que nous vivons pour, à partir de là, croître en conscience et, en dernier terme, en compassion.


Enrique Martínez Lozano

www.enriquemartinezlozano.com

Traducción de María Ortega

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