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FEU, ANGOISSE, CONFLIT

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Lc 12, 49-53

Feu, angoisse, conflit ... Le lecteur de l'Évangile rencontre souvent des difficultés face à ce texte, au point de ne pas lui être facile de l'"encaisser" dans l'ensemble l'Evangile. D'où l'apparition d'interprétations très variées.

Commençons avec l'image du feu. Dans l'évangile apocryphe de Thomas, nous trouvons deux textes similaires: «J'ai jeté du feu sur le monde et je le garde jusqu'à ce qu'il brûle» (EVT 49) et «Celui qui est près de moi est près du feu; celui qui est loin de moi, est loin du Royaume "(EVT 82).

À la lumière de ces textes, il semble approprié de voir le feu comme une métaphore du Royaume. La phrase l'Evangile de Luc vise la même chose, en remarquant le désir manifeste de Jésus qu'il brûle déjà.

Si nous considérons que la passion pour le Royaume était l'axe de la vie et de la mission du Maître de Nazareth, ce sens est encore plus évident. Jésus exprime le désir profond que le Royaume soit présent dans la réalité du monde.

Le feu réchauffe, éclaire et purifie. Et cela même pourrait s'appliquer au Royaume. Le froid, l'obscurité et la confusion caractérisent l'existence qui s'est réduit à l'ego. Déconnectée de qui elle est vraiment, la personne qui vit identifiée avec son ego, ne peut que se voir impliquée dans l'aridité, l'ignorance et la crainte. Son première besoin - si nous voulons l'exprimer avec cette image - c'est de s'approcher du feu, qui donnera lumière à sa vie, certitude à sa perception et limpidité à ses attitudes et comportements.

Lumière, certitude et limpidité qui ne viennent que de la vérité de ce qui est, Ce qui constitue le noyau ultime de tout le réel et, par conséquent, notre identité la plus profonde. C'est ce que Jésus appelait comme le "Royaume de Dieu".

Ne sentons nous aussi, à notre intérieur, un désir profond que le «feu» soit révélé, qu'il nous prenne et qu'il s'étende? La clé consiste à percevoir que notre identité est déjà ce même «feu» et que le secret de la vie - qui nous fait soirtir de l'ignorance et nous éveiller - n'est autre que celui de nous reconnaître et de nous vivre à partir de lui.

La phrase à laquelle fait allusion l'angoisse face au baptême, selon la plupart des exégètes, ne viendrait pas de Jésus lui-même, mais il s'agirait plutôt d'une lecture rétrospective faite par la première communauté. C'est-à-dire, une fois réalisé l'exécution de Jésus, les disciples la lisent comme un «baptême de sang», et ils attribuent à Jésus un sentiment d'angoisse face à elle.

Un sens similaire est celui de la question qu'on met dans la bouche de Jésus, parlant aux fils de Zébédée, lorsqu'ils lui demandent de s'asseoir à côté de lui: «Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? »(Mc 10:38-39).

Tant le "calice" (coup dur) comme le «baptême» se réfèrent, sans aucun doute, à la mort. Mais le texte ne se rapporterait à Jésus, mais à l'interprétation que la communauté a faite de sa mort.

Et le troisième thème est celui de la division. N'avait-il pas été annoncé la naissance de Jésus - précisément dans ce même Evangile de Luc- comme "paix aux hommes» (Lc 2,14)? Qu'est-ce que cela veut dire que Jésus se présente comme une source, non pas de paix, mais de division?

Il n'est pas difficile d'imaginer que, après ces paroles, on trouve l'expérience de la communauté même, qui contait avec les personnes à qui leur adhésion au nouveau groupe leur aurait supposé devoir couper avec leur propre famille, ou même être poursuivi pour cela. C'est ainsi que cela apparait dans d'autres textes de l'Évangile. Il pourrait s'agir donc, d'une nouvelle lecture rétrospective: la communauté qui voit comment la nouvelle foi divise la réalité familiale - si importante dans cette culture- met en bouche de Jésus des mots qui, dans un certain sens, «prédisent» ce qui devrait arriver plus tard.

Mais il y a d'autres données. D'une part, s'il est vrai que Luc montre la naissance de Jésus comme «bonne nouvelle de paix», il ne l'est pas moins que, dans le récit de la présentation de Jésus enfant au temple, lui fait dire à Siméon : «Cet enfant sera un signe contesté, et toi-même [sa mère] un glaive te transpercera le cœur »(Lc 2,34). D'autre part, il y avait une tradition prophétique et apocalyptique en Israël qui voyait dans l'effondrement des relations familiales un signe des tribulations des derniers jours, qui annonçaient déjà le «nouveau monde».

En conclusion: en mettant en bouche de Jésus ces paroles, l'auteur, tout en laissant constance d'un fait souffert dans sa communauté - divisions et persécutions -, il encourage l'espoir de que la libération définitive est proche.

Dans notre «langage»: la paix profonde que nous sommes ne supprime ni le conflit ni la division, la douleur non plus - toute cela fait partie du lot de l'existence telle que nous la connaissons -, mais nous maintient séreins dans la Certitude de Ce qui est .

 

Enrique Martínez Lozano

www.enriquemartinezlozano.com

Traducteur: María Ortega

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