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L'ESPRIT DE JESUS RASSEMBLE, IL NE divise JAMAIS

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Lc 19, 51-62

Nous disions dimanche dernier que l'évangile de Luc marquait une distance et nous le voyons clairement aujourd'hui. Il va nous parler au long de dix chapitres de la montée à Jérusalem. Tous les évangiles proposent la montée de Jésus vers Jérusalem comme un cadre théologique, mais Luc lui donne un accent particulier. Cela commence avec les phrases en forme de programme que nous avons lues aujourd'hui, et s'achève par les vendeurs chassés du Temple. C'est une trajectoire géographique, mais surtout spirituelle: la montée vers le Père en passant par la mort.

« Comme le temps approchait où il allait être emporté au ciel, il résolut lui aussi de se mettre en route pour affronter Jérusalem ».La phrase résume la vie et la mort de Jésus, y compris la résurrection et la glorification. Cet évangile montre clairement ce qui va se passer. Aussi désagréable que cela paraisse, Jésus l'accepte expressément comme la seule façon de les convaincre que tout ce qu'il avait fait et enseigné, était juste.

L'épisode des disciples rejetés est très riche de sens. Les juifs considéraient les samaritains comme des hérétiques, et ne rataient pas une occasion de les humilier et de les mépriser. Il n'est pas étonnant que ces derniers prennent leur revanche quand ils le pouvaient.

Si les envoyés avaient correctement proposé le message de Jésus, s'ils avaient fait part des véritables intentions de Jésus en montant à Jérusalem, non seulement ils n'auraient pas été rejetés, mais ils auraient été reçus les bras ouverts. Les samaritains ne pouvaient rien espérer de plus conforme à leurs intérêts. Un homme capable de critiquer aussi durement ce qui se passait dans le temple devait recevoir leur approbation entière. (le passage « ...Pero seguramente les hicieron pensar....de plano » n'est pas clair pour moi.)

Impossible de se tromper sur la réaction des Zébédée. Ils pensent à un nouvel Elie, qui avait fait descendre du ciel le feu qui consuma les envoyés du roi. Ils pensent que Jésus doit faire honneur à sa condition de puissant prophète. C'est une autre tentation constante chez l'homme, de mettre Dieu de son coté contre tout être vivant qui s'y oppose.

Jésus les « admonesta » (le même verbe est employé quand il expulse les démons). Chez un autre évangéliste, Jésus est plus explicite et leur répond: « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ». Et je me demande pourquoi au cours de l'histoire, oubliant cette attitude de Jésus, nous nous sommes toujours comportés comme Jacques et Jean. Chaque fois qu'elle a eu assez de pouvoir, l'Eglise a réagi avec une extrême violence contre quiconque n'acceptait pas sa doctrine ou ses normes. Elle n'a pas même été capable d'accepter la liberté religieuse, ce droit fondamental de tout être humain, jusqu'à ce qu'elle ait perdu la capacité d'imposer son absolutisme.,

Il s'agit comme dimanche dernier de répondre à la question « Qui est Jésus? ». Si nous acceptions vraiment l'esprit de Jésus, la première conséquence serait la tolérance. Jésus n'impose rien, il propose simplement la bonne nouvelle du Royaume et laisse la liberté de l'accepter ou de la rejeter. Son message contient une offre de véritable libération, mais elle ne peut intéresser que ceux qui se sentent opprimés par des réalités ne leur permettant pas d'être eux mêmes. Tout manque d'identification avec l'autre suppose un manque d'identification avec le Dieu de Jésus. Ce qui n'est pas toujours clair pour nous. Toute attitude qui nous sépare de l'autre nous sépare aussi de Dieu.

Luc présente ensuite trois candidats désireux de suivre Jésus. N'oublions pas que nous sommes en Samarie, terre hostile au judaïsme officiel. Malgré cela, quelques uns manifestent l'intention de suivre Jésus. Il s'agit naturellement d'un montage littéraire pour insérer trois clés majeures dans la pensée de Jésus. L'important réside donc dans les réponses que donne Jésus à chacune des propositions, et non dans les interlocuteurs qui ne sont même pas nommés.

Il s'agit, par des phrases courtes et tranchantes de clarifier une attitude vitale sans la moindre précaution oratoire. Il s'agit de mettre en avant la radicalité du message et donc de l'adhésion. Cette exigence est offerte, non imposée (contrairement à ce que viennent de manifester les disciples.) Chacun est libre de l'accepter ou non. Il n'est pas même dit si les aspirants l'ont acceptée.

Cette exigence n'est pas un caprice de la part de Dieu. Elle est commandée par l'offre de salut que nous fait Jésus. C'est notre condition de créatures limitées qui nous oblige, une fois que nous avons pris un chemin, à devoir abandonner tous les autres. Renoncer à ce qui me plait cessera d'être un renoncement si je le fais consciemment et librement, pour devenir choix de ce qu'il y a de meilleur.

Lorsqu'il est question d'atteindre la plénitude de l'être humain, le plus adéquat n' est pas toujours ce qui me procure le plus de plaisir, ce qui me coûte le moins, ce qui me plait davantage, ce qu'exige mon ADN. La vie est par nature combat et

dépassement. Si la tension intérieure disparaît,c'est que la mort est là.

Notre religion nous a présenté l'adhésion à Jésus comme un renoncement. Utiliser ce concept est donner la meilleure preuve que nous n'avons rien compris. Il ne s'agit pas de renoncer, mais de choisir ce qu'il y a de meilleur pour mon être authentique. Dieu veut notre plénitude et il nous faut dépasser l'idée d'un Dieu qui a besoin d'humilier l'homme pour être plus Lui même. Non, la cause de Dieu est la cause de l'homme. Dieu est identifié avec sa créature, par conséquent la plus grande gloire de Dieu est que l'homme parvienne à sa plénitude.

Nous n'avons pas à aimer Dieu par dessus tout; nous avons à aimer Dieu en tout. Mais si les choses occupent la place de Dieu, je m'écarte de ma véritable fin.

Première maxime: « Les renards ont des terriers, les oiseaux un nid, mais le Fils d'Homme n'a pas où reposer la tête ». Dans le climat d'itinérance où se déroule cette partie de St Luc, l'accent n'est pas mis sur la pauvreté, mais sur la disponibilité. Qui veut suivre Jésus, doit être complètement libre d'entraves. Même la sécurité d'un chez soi ne doit pas empêcher d'être toujours prêt à partir. Ce ne sont ni les possessions ou les relations sociales qui empêchent l'adhésion, mais le fait d'être attaché à tout ce qui t'empêche d'être vraiment toi même.

La seconde: « Laisse les morts enterrer leurs morts ». Celle ci aussi est radicale, mais ne la prenons pas littéralement. Ce que demande l'aspirant à Jésus n'est pas qu'il lui permette d'enterrer son père qui était mort, mais qu'il le laisse obéir au précepte de s'occuper de son père âgé jusqu'à sa mort. Jésus fait passer les exigences du Royaume avant l'obligation de prendre soin des parents dans leur vieillesse. La loi doit être dépassée par une disponibilité totale envers tous, et pas seulement envers les êtres chers. La réponse énigmatique de Jésus laisse entendre qu'il était passé à la vie, mais que ceux qui restaient dans la maison familiale demeuraient dans la mort spirituelle.

La troisième: « Celui qui a mis la main à la charrue et regarde en arrière, ne vaut rien pour le Royaume de Dieu ».Prendre congé de sa famille, il ne faut pas le comprendre comme « leur dire adieu ».Dans la société d'alors, prendre congé signifiait passer des jours ou des semaines à célébrer la séparation.

La signification est très proche de celle qui précède, mais ici on veut mettre en avant l'ouverture intégrale à tous les êtres humains. Il n'y a plus de particularismes, « ma famille » n'existe même plus. Maintenant c'est toute l'humanité qui est ma famille. Le cercle de famille est l'excuse ordinaire où se cache un égoïsme amplifié qui m'empêche de me donner à tous. Le mauvais usage qu'on a fait de cette phrase, en particulier dans le climat de vocation religieuse, nous oblige à bien la repenser.

Il nous faut interpréter dans la perspective du Royaume les exigences radicales posées par Jésus dans l'évangile. Elles ne se réfèrent pas seulement aux réalités matérielles qu'il faut abandonner, mais au détachement de toute sécurité, ce qui est l'exigence véritable de l'adhésion.

Ce dont il s'agit, c'est de vivre une échelle de valeurs en accord avec le Royaume, ce qui ne veut pas dire qu'il faille renoncer à tout l'humain pour vivre une vie désincarnée. Nous disions dimanche passé que tout l'humain doit être incorporé à la vie. La famille, l'amitié, l'engagement social sont des valeurs qui peuvent être incorporées au message de Jésus, tant que nous ne leur accordons pas un prix exagéré et mettons en elles seules notre confiance.

 

Méditation contemplation

 

Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes!

La majorité d'entre nous chrétiens ne s'en est pas rendu compte.

Si tu es préoccupé par le rejet de certains,

c'est que tu n'as pas compris ce que tu es en réalité

 

et que tu mendies toujours la faveur d'autrui et que tu comptes dessus.

Ce qui devrait nous préoccuper c'est que nous soyons encore capables de rejeter l'autre.

Nous ne confions toujours pas en ce que nous sommes et en ce qu'est Dieu pour nous.

Nous avons encore besoin de sécurités extérieures,

 

c'est de nous mêmes qu'il faut nous libérer, pas des autres.

La meilleure preuve de notre incompréhension de l'évangile,

c'est ce besoin de juger, de condamner, d'isoler qui ne pense pas comme nous.

Tous les fondamentalismes résultent de la même attitude,

un manque de confiance en Dieu et en la Vie.

 

Fray Marcos

(Trad. Maurice Audibert)

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