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QUI EST JESUS POUR MOI?

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Lc 9, 18-24

Le même épisode est rapporté par les trois synoptiques, avec des différences notables toutefois. Il est ouvertement question du messianisme de Jésus. Un thème toujours pas clarifié, même après l'expérience de Pâques. Il ne s'agit donc pas d'un récit historique au sens strict, mais de l'exposé théologique de la question la plus importante et compliquée de tout le Nouveau Testament. Il n'a pas été facile pour les contemporains de recevoir le véritable messianisme, et ca ne l'est pas davantage pour nous: nous n'acceptons toujours pas qu'être chrétien implique de renoncer à l'ego pour se donner aux autres.

Jésus était en train de prier, comme chaque fois qu'il est sur le point de dire ou de faire quelque chose d'important. L'évangile précise que le seul à prier était Jésus, mais que les disciples étaient présents. Si l'on ne prend pas en compte cette prière de Jésus, rien de ce qu'il a été ou prêché ne peut s'expliquer. La façon dont Jésus parle de Dieu s'inspire de son expérience personnelle. L'expérience de base qu'a fait Jésus est celle de la présence de Dieu dans son être propre. Jésus a perçu que Dieu était tout pour lui et qu'il devait être tout pour les autres à son tour. Il a pris conscience de la fidélité de Dieu-amour et a répondu par sa vie à cette prise de conscience. En osant appeler Dieu « Abba » (papa), Jésus ouvre un horizon complètement nouveau dans les relations avec l'Absolu.

Pour Jésus comme pour tout être humain, toute expérience religieuse repose sur la condition de créature. L'homme découvre qu'il est soutenu par l'action créatrice de Dieu. Le fait de se percevoir limité dans son être démontre qu'il dépend davantage de Dieu que de lui même. Sans Dieu, notre existence serait impossible. Jésus découvre que le centre de sa vie réside en Dieu. Mais cela ne vent pas dire qu'il ait à sortir de soi pour trouver son centre. « Intimior intimo meo ». Découvrir son fondement en Dieu est source d'une plénitude inattendue. L'expérience de Dieu va révéler l'humanité en ce qu'elle a de plus haut.

Jésus de Nazareth ne se présente jamais comme absolu. Pour lui le seul absolu c'est Dieu. Il s'est toujours considéré comme un être humain parmi les autres. L'opinion des gens montre bien une haute considération envers la personne de Jésus, mais elle est loin de tomber juste. L'opinion de Pierre semble plus exacte, mais « l'Oint » était la façon de désigner le Messie que le peuple attendait: un Messie nationaliste qui apporterait le salut politique, économique et religieux. Cette opinion ne doit pas être divulguée car elle est également fausse. Ensuite nous est proposée l'authentique profil du Messie qu'avait découvert avec tant de difficulté la première communauté pascale.

Le Messie devient « Fils d'Homme », le modèle d'homme, l'être humain qui vit sa plénitude. Il n'est pas le triomphateur, le puissant, celui qui est au dessus des autres, mais celui qui supporte, celui qui souffre, qui doit endurer les colères et rancunes des siens, l'humilié et le méprisé, précisément parce qu'il ne renonce pas à être « humain ». Et cela jusqu'à l'extrême, jusqu'à perdre la vie pour garder cette posture. Qui veut adhérer au Messie n'a d'autre issue que de prendre le même chemin. Il est exigé de renoncer à soi même.

La phrase de Jésus « qui veut sauver sa vie la perdra », n'est pas une exagération, mais une vérité de base. Faire que tout gravite autour de notre faux « moi », c'est donner la primauté à tout ce qui en nous a une valeur relative. Nous ne pouvons cesser d'être égoïstes si nous ne dépassons pas l'attachement à un « ego ». Dans la mesure où je me fixe comme objectif ultime celui de sauver ma vie, je serai égoïste et donc je me dénies comme personne. Dans la mesure où je suis capable de me débarrasser de tout attachement, jusqu'à celui de la vie, en faveur des autres, j'aimerai pour de bon et grandirai comme être humain. Ma Vie avec une majuscule prendra de la force et la vie avec une minuscule, prend dès lors son vrai sens.

La question que se sont posée ces premiers chrétiens, il faut nous la poser aujourd'hui. Qui est Jésus? La meilleure preuve qu'il n'est pas facile de répondre, c'est la fausse alternative qui s'est présentée au siècle dernier entre le Jésus historique et le Christ de la foi. Les disciples avaient partagé leur vie avec le Jésus de Nazareth et ils avaient accepté cet être humain qui leur apportait une paix, une joie et une sécurité

incroyables; mais pendant qu'ils vivaient avec lui, ils n'ont pas été capables de voir plus loin que ce qu'ils avaient sous les yeux. Ce n'est qu'à travers l'expérience pascale qu'ils intériorisèrent la vraie signification de cette personne hors du commun.

Au moment de la mort de Jésus, ils se sont demandés si tout était fini avec la disparition de leur leader. C'est à ce moment-là seulement qu'ils ont commencé à dépasser la personne apparente de Jésus et ont dcouvert ce qui se cachait derrière cette réalité visible. Ils se rendirent alors compte qu'il y avait là quelque chose de plus qu'un simple être humain. Ils prirent alors conscience que l'OINT véritable se trouvait déjà dans le Jésus de Nazareth. Ce Messie, découvert pendant la pâque, ne coïncide pas avec celui qu'attendaient les juifs et les disciples eux mêmes, avant cette expérience. Il s'agit maintenant de Jésus le Christ, Jesus Christ, intégration géniale du Jésus historique et du Christ de la foi.

Christ n'est pas une idée abstraite apparue au sein de la première communauté des adeptes, mais le Jésus réel vu avec les rayons X de l'expérience de Pâques. Christ ne peut ni s'identifier avec Jésus ni se séparer de lui. Pendant trois ans, ses adeptes ont partagé sa vie sans se rendre compte de qui il était en réalité; mais une fois disparue sa forme sensible, ils ont été capable de découvrir ce qui se cachait dans cette forme humaine. Il est impossible de séparer la valeur d'une pièce de monnaie, de la quantité et de la forme du métal qui la constitue. La monnaie a une valeur donnée, justement parce qu'elle a telle forme, telle taille et qu'elle est faite d'un métal précieux déterminé. Tout ce qu'il y a de divin en Jésus est dans son humanité.

Aujourd'hui, qui est Jésus pour nous? Il ne s'agit pas de donner une réponse théorique, ni d'utiliser les termes d'une christologie confirmée, répondant à toutes les questions formelles relatives à la personne de Jésus. Encore moins les dogmes qui définissent sa nature divine. C'est une question compliquée parce que les évangiles nous parlent de Jésus à travers l'expérience de Pâques, et il est bien difficile de découvrir le Jésus de Nazareth qu'ils ont connu et dont ils partirent pour arriver au Christ. Nous chrétiens d'aujourd'hui commençons à bâtir la maison par le toit et quand nous nous en rendons compte, il se trouve que les murs manquent et surtout le ciment. Il n'y a pas de chrétien sans expérience pascale.

Nous devons nous rendre compte à quel point nous sommes loin d'incarner dans notre vie cette valeur suprême incarnée par Jésus. Nous sommes de super chrétiens quand il s'agit d'avoir Dieu dans notre camp pour nous sortir les marrons du feu. Jetons un coup d'oeil sur nos prières et nous découvrirons l'idée que nous faisons du Messie. C'est celle que proposa Pierre et que Jésus rejeta. Nous l'avons placé à la droite de Dieu; nous lui avons donné tout pouvoir et toute gloire; nous en avons fait le juge des vivants et des morts; pour dire immédiatement après que celui qui fait ce que je dis s'assoiera avec lui pour juger les infidèles. Le NT lui même dit ces choses-là, à l'inverse de l'attitude de Jésus. Un exemple supplémentaire de la difficulté qu'il y eut pour accepter son message.

Une chose est de se dire chrétien, une autre de l'être. Il n'est pas aisé du tout de comprendre que la plénitude humaine réside dans la capacité de sortir de soi, de s'identifier aux autres. Il n'est pas aisé du tout de sortir de la dynamique de l'hédonisme, qui nous pousse à satisfaire les sens, à chercher le plus commode, ce qui me plait, ce qui me coûte le moins. Garder ces attitudes hédonistes et se dire chrétien est une contradiction. Mais ne tombons pas non plus dans le piège du masochisme. Dieu veut pour chacun de nous ce qu'il y a de meilleur. Il veut que nous profitions de tout ce qui nous entoure, personnes et choses. Tout est positif, s'il est clair pour nous que la première chose est le bien intégral de l'homme..

Il n'est pas simple de bien comprendre ce que nous dit aujourd'hui l'évangile. Il ne s'agit pas de malmener une partie de ce que nous sommes pour en sauver une autre. Il s'agit de découvrir un manque dans la perception que nous avons de nous mêmes, à savoir penser être ce que nous ne sommes pas et vivre dupés. Il s'agit de nous libérer de tout ce qui nous attache à ce qui passe et qui nous empêche de nous élever jusqu'à la plénitude exigée par notre être véritable. La libération survient quand nous avons établi une authentique échelle de valeurs et sommes capables de donner à chaque élément de notre vie compliquée l'importance qui est la sienne, ni plus ni moins.


Méditation-contemplation


Impossible de mettre en concepts ce qu'est et signifie Jésus,

parce qu'il est au delà des sens et de la raison.

Si tu fais l'expérience de ce qu'il y a de Dieu en toi,

tu pourras entrevoir ce qu'a vécu et manifesté Jésus.

 

Au delà de notre « moi » physique, psychique et mental,

réside notre être authentique,

ce qu'il y a en chacun de nous de divin

et qui est toujours là, unique réalité véritable.

 

Pour atteindre cet être et cette Vie authentiques,

il est nécessaire de ne pas rester englué dans le terrestre.

« Perdre » le caduc, le contingent, le limité

est le seul chemin pour parvenir à l'absolu.

 

Fray Marcos

(Traduction Maurice Audibert)

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