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L'ESPRIT EST DIEU LUI MEME

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Jn 20, 19-23

La liturgie termine le temps pascal avec trois fêtes importantes. Pentecôte, Trinité et St Sacrement nous parlent de la réalité transcendante que nous appelons Dieu. Non pas sous l'angle philosophique ou scientifique, mais dans sa relation avec chacun de nous. De la réalité de Dieu en lui même, nous ne savons absolument rien; mais il nous est possible de faire l'expérience de sa présence comme une réalité qui fonde et soutient la nôtre, non pas du dehors, mais depuis la profondeur de l'être.

Pentecôte propose à notre réflexion la relation avec Dieu qui est Esprit et jusqu'à quel point nous pouvons le découvrir et en vivre.

Pentecôte est une fête éminemment pascale. Sans la présence de l'Esprit, l'expérience de Pâques n'aurait pas été possible. La totalité de notre être matériel et spirituel est comme imprégnée de Dieu et fruit de l'Esprit.

Il est très curieux que, dans les Actes, la fête de Pentecôte soit présentée comme l'autre coté de la monnaie de l'épisode de la Tour de Babel. Dans ce cas le péché divisait les hommes, et ici l'Esprit les rassemble et les unit. C'est toujours l'Esprit qui nous conduit à l'Unité et par conséquent nous invite à surmonter la diversité qui est le fruit de notre faux moi.

Le récit des Actes que nous avons lu est largement connu, mais pas si simple à interpréter correctement. Si nous imaginons un spectacle son et lumière, nous nous éloignons du message qu'il veut transmettre. Luc nous parle de l'expérience de la première communauté, il ne fait pas une chronique de presse. Il utilise dans le récit les symboles les plus parlants déjà utilisés dans l'AT. Le feu, le bruit, le vent. Les effets de cette présence ne se limitent pas au cercle des présents, mais s'étendent à la rue où se trouvaient des gens de tous les pays.

Il ne s'agit donc pas de célébrer un événement. L'Esprit est sans cesse entrain de venir. Qui plus est, il ne doit pas venir de quelque part. (Luc raconte cinq venues de l'Esprit dans les Actes).Les lectures d'aujourd'hui nous fournissent assez de pistes pour que nous ne nous égarions pas.

La première nous parle d'une venue spectaculaire (vent, bruit, feu), en référence à la théophanie du Sinaï. L'évènement se situe le jour de la fête juive de Pentecôte, devenue la fête de la rénovation de l'alliance. La loi a été remplacée par l'Esprit.

Chez Jean, Jésus leur communique son esprit le jour même de Pâques.

Il y a une série d'erreurs sur l'Esprit Saint ancrées en nous et qu'il n'est pas facile de dépasser.

Il ne s'agit en aucun cas d'un personnage distinct du Père et du Fils, qui agirait pour son propre compte en faisant des siennes. Il s'agit du Dieu UN dématérialisé et au delà de toute image anthropomorphe.

Ne pensons pas à lui comme un don que nous fait le Père ou le Fils, mais de Dieu comme DON absolu et fondement de de tout ce que nous pouvons devenir.

Il n'est pas une réalité qu'il nous faudrait obtenir par des prières ou des demandes, mais le premier fondement de mon être d'où surgit tout ce que je suis.

Attention aussi à notre interprétation du mot «Esprit » quand nous le rencontrons dans la Bible. Le « ruah » hébreu comme le « pneuma » grec possèdent une gamme d'interprétations si étendue qu'il est presque impossible de préciser à quoi ils se réfèrent dans chaque cas.

Le sens prédominant fait référence à une force invisible mais très efficace, qui s'identifie à Dieu et rend l'être humain capable de réaliser des tâches dépassant ses possibilités normales.

Mais souvenons nous que le premier sens du mot est « vent », ou mieux encore l'espace entre ciel et terre d'où les

animaux tirent la vie. Ce premier sens nous ouvre une perspective très intéressante pour notre réflexion.

Dans les évangiles il apparaît très clairement que tout ce qu'est Jésus se doit à l'action de l'Esprit:

« conçu de l'Esprit Saint »
« né de l'Esprit »
« l'Esprit descend sur lui »
« oint de la force de l'Esprit »
« Comme il était homme, ils l'ont tué, comme il possédait l'Esprit, il a été rendu à la vie ».

Il est clair que le personnage de Jésus ne pourrait se comprendre sans l'action de l'Esprit. Mais il n'est pas moins vrai que nous serions incapables de découvrir ce qu'est réellement l'Esprit si ce n'est par ce que Jésus, à partir de son expérience, nous a révélé.

Ce qu'on veut mettre en relief dans cette fête, c'est que grâce à l'Esprit commence quelque chose de neuf. De même que Jésus reçut l'onction de l'Esprit dans le baptême, au commencement de la vie publique, et reçut de ce fait la capacité de mener à bien sa mission, ainsi la tâche confiée à ses disciples sera possible grâce à la présence du même Esprit qui va leur donner la même énergie pour la mener à bien.

De cette force, naît la nouvelle communauté, formée de personnes qui se laissent guider par l'Esprit pour mener à bien la même tâche. Il est impossible de parler de l'Esprit sans parler d'unité et d'intégration.

L'expérience immédiate qui nous parvient travers les sens, est que nous sommes matière, donc limitation, contingence, inconsistance, etc. Dans cette perspective nous nous sentirons toujours insécures, craintifs, tristes. L'Expérience mystique nous amène à une manière différente de voir la réalité. Nous découvrons en nous quelque chose d'absolu, de solide, de définitif, qui est plus que nous mêmes, mais qui fait aussi partie de nous. Cette expérience vécue nous amènerait la vraie sécurité, la liberté, la paix, la joie, l'absence de toute crainte.

Il ne s'agit pas d'entrer dans un monde différent, accessible à un nombre restreint de personnes privilégiées, récompensées par le don de l'esprit. C'est une réalité offerte à tous comme la plus haute possibilité d'être, de parvenir à une plénitude humaine que nous devrions tous nous proposer comme objectif.

Nous restreignons nos possibilité d'être hommes quand nous réduisons nos ambitions aux buts purement biologiques,psychologiques, voire intellectuels. Si notre être véritable est d'ordre spirituel et que nous nous limitons à la matière, nous dévaluons notre trajectoire humaine et réduisons au minimum le champ de nos possibilités.

L'expérience de l'Esprit est toujours celle de la personne concrète, mais pousse toujours à la construction de la communauté parce qu'une fois découverte en chacun, cette présence se découvre en tous.

Remarquez que contrairement à ce qu'on raconte, l'Esprit Saint n'est pas donné aux apôtres, mais aux disciples, c'est à dire à tous les adeptes de Jésus. Le piège consistant à assigner l'exclusivité de l'Esprit à la hiérarchie a été trop fréquemment utilisé pour justifier privilèges et pouvoirs spéciaux. Celui qui est le plus possédé par l'Esprit est celui qui est le plus disposé à servir les autres.

L'Esprit ne produit pas des clones, des personnes uniformes. Ceci est un autre piège pour justifier toutes sortes de contrôles et de soumissions. L'Esprit est une force vitale et enrichissante qui renforce en chacun les différentes qualité et aptitudes. La soi-disant uniformité n'est que la conséquence de notre peur, ou du désir de compter sur le contrôle des personnes et non sur la force de l'Esprit lui-même.

Au cours de la célébration eucharistique, nous devrions être plus attentifs à cette présence de l'Esprit. Un fait peut aider à comprendre cette dévaluation de l'Esprit. Pendant de nombreux siècles, le moment le plus important de la célébration était l'épiclèse, c'est à dire l'invocation de l'Esprit que fait le célébrant sur le pain et le vin. Ce n'est que bien plus tard qu'on a conféré un pouvoir magique aux mots que nous appelons aujourd'hui « consécration ».

La première lecture d'aujourd'hui nous oblige à une réflexion toute simple: est-ce que nous chrétiens parlons un langage que peuvent comprendre tous les hommes d'aujourd'hui? Je crains fort que nous parlions toujours un langage que personne ne comprend, parce que nous ne nous laissons pas pousser par l'Esprit, mais par nos

programmes et nos caprices. Il n'y a qu'un langage que puissent comprendre tous les êtres humains, le langage de l'amour.


Méditation – contemplation


Toute vie spirituelle est oeuvre del'Esprit.

Il dépend de moi que cette oeuvre s'accomplisse en moi.

J'ai besoin de Dieu pour être.

Il a besoin de moi pour se manifester.

 

« Nous avons tous bu à un seul Esprit ».

La vérité est que c'est l'Esprit qui doit nous imprégner.

Il est plus que moi et il doit me transformer en lui.

Je ne dois pas tenter de le manipuler, mais le laisser me transformer à son gré.

 

Dieu est amour, et l'être humain doit découvrir et vivre cet amour.

Quand j'aime en vérité je rends Dieu présent,

car l'amour avec lequel j'aime, est le même amour qui est Dieu.

Je ne suis pas celui qui aime, mais Dieu qui aime en moi.

 

Fray Marcos

Traduction Maurice Audibert, sm

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