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«ASCENSION» À CE QUE DÉJÀ NOUS SOMMES

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Lc 24, 46-53

Avec les mots que nous lisons aujourd'hui, conclut l'évangile de Luc. Un évangile qui, de ses caractéristiques spéciales, quelques unes apparaissent dans ce texte:

• il établit une période de 40 jours entre la résurrection et l'ascension de Jésus (auxquels il ajoutera encore 10 autres, pour parler de la Pentecôte, comprise comme «venue de l'Esprit sur les apôtres"). Ainsi, il établit une chronologie (purement symbolique), ce qui sera un succès complet dans l'église postérieure.

• Le début de la mission est fixé à Jérusalem, qui pour Luc s'érige au centre du salut.

• Contrairement à l'Évangile de Jean –il manifeste et même avec polémique opposé au temple-, Luc se réfère à lui comme un lieu de prière aussi pour ceux qui suivent Jésus.

• La joie constitue un autre des traits signalés par cet évangile.

En fait, l'"ascension" n'est pas quelque chose de différent de la «résurrection», mais le mode différent de parler de l'«exaltation» de Jésus au dessus de la mort.

Il s'agit de «cartes» avec lesquelles l'auteur tient à préciser sa conviction fondamentale: Jésus vit; la croix n'était pas la fin.

Le «scandale» de la croix est interprété à la lumière des Écritures juives ("il était écrit"), lui faisant entrer au sein du «projet» divin.

Pour une conscience mythique, l'ascension pourrait être interprété littéralement: Jésus monte au ciel d'où il était venu. Dépassé le niveau du mythe, une telle lecture tombe, tout comme la croyance littérale dans les contes pour enfants. Cependant, la sagesse qu'il contient demeure en vigueur.

Symboliquement – dès notre niveau de conscience il n'est pas possible de la comprendre autrement-, l'«ascension» est une image pleine de sens, quant à ce qu'elle évoque notre véritable identité.

Face à un matérialisme plat qui, oubliant la dimension profonde du réel, appauvrit dramatiquement ce qui est humain, l'"ascension", vient nous rappeller – "nous amener au coeur" - que les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être, parce que tout ne termine pas en ce que nous pouvons toucher.

Il est vrai qu'il n'existe pas non plus "autre monde" mytique – un "ciel" en marge de la terre-, mais le Réel, dans son étonnante simplicité, est beaucoup plus complexe que la courte lecture qui fait notre esprit.

Ce que vous voyez n'est qu'une seule face –celle manifeste-, qui nous renvoie à une autre qu'on ne voit pas – qui est inmanifestée-, embrassées toutes les deux en l'Unité majeure qui les contient.

Dès une perspective non duale sur le "ascension" de Jésus, nous nous y voyons tous reflétés. Les formes manifestes - nos individualités - ne sont que des expressions d'une même Identité partagée, qui se déploie à travers elles.

Tout comme le vide primordial donne naissance à une infinité de formes où se manifester, sans laisser d'être lui-même ni se dissoudre en elles, de la même manière, la Conscience que nous sommes s'exprime en divers «objets», sans jamais laisser d'être elle-même.

Notre égarement le plus grave consiste à nous identifier avec les objets, au point de nous croire l'un des leurs (le je (moi) individuel ou ego). Notre plus grande ignorance est de nous penser nous-mêmes en tant qu'êtres séparés. Notre seul «péché» c'est de croire que nous sommes «quelqu'un».

En taisant notre esprit, nous laissons de voir les choses comme il les voit; nous sortons de la cage dans laquelle nous nous étions enfermés et nous nous retrouvons avec notre véritable identité, illimité et intemporel. À cette identité profonde, qui ne s'épuise en aucune forme, et qui est non-duale, nous y arrivons -en utilisant le langage de l'Évangile- à travers l'«ascension».

Si vous vous pensez, vous vous verrez comme «quelqu'un»; si vous vous percevez dans la non-pensée, vous ne verrez que Conscience. Tant que vous croyez être «quelque chose», vous découpez forcément votre identité, parce que si vous êtes "ceci", vous ne pouvez pas être "celà". Par contre, lorsque vous ne vous savez «rien» - rien que notre esprit ne puisse penser- c'est alors que vous vous expérimentez comme tout, tel que l'ont vu les mystiques.

"Éloignez-vous d'être ceci ou cela ou d'avoir ceci ou cela, écrivait le Maître Eckhart au XIIIe siècle, alors vous serez tout et vous aurez tout, et de la même manière, si vous n'êtes pas ni ici ni là, alors vous serez partout. Et ainsi donc, si vous n'êtes ni ceci ni cela, alors vous êtes tout". Parce que "ne rien avoir c'est TOUT avoir".

Et saint Jean de la Croix: "Pour venir à posséder tout / ne veuille posséder quelque chose en rien. / Pour venir à être tout / ne veuille pas être quelque chose en rien. "


Enrique Martínez Lozano

www.enriquemartinezlozano.com

Traducteur: María Ortega

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