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LA VIE DIEU ETAIT PRESENTE EN JESUS ELLE L'EST AUSSI EN NOUS

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Jn 21, 1-19

Il est impossible d'expliquer en quoi consiste l'expérience pascale. Il s'agit d'une expérience intérieure: soit on l 'éprouve et il n'y a rien à expliquer, soit on ne l'éprouve pas et il n'existe pas de façon humaine de l'exprimer. Cette simple constatation est la clé pour aborder les textes évangéliques qui veulent transmettre cette expérience. Il n'existe ni mots ni concepts pour exprimer la réalité vécue, c'est pourquoi les premiers chrétiens ont eu recours à des récits symboliques.

L'objectif de ces textes n'est pas d'expliquer ou de convaincre, mais d'inviter à l'expérience elle même qui a rendu possible l'absolue certitude que Jésus était vivant. Nous découvrirons la force irrésistible de cette Vie et pourrons avoir une idée de la profondeur du changement qui s'est opéré en eux.

Les autorités religieuses et romaines n'ont pas seulement prétendu tuer Jésus, mais l'effacer de la mémoire des vivants. La crucifixion provoquait implicitement la dégradation absolue du condamné et l'impossibilité pratique que cette personne soit jamais réhabilitée.

La probabilité est nulle que Pilate ait condamné dans la matinée Jésus à la croix et ait autorisé le même soir qu'il soit enterré avec des parfums et des onguents, dans un sépulcre neuf. Mais il est logique que les premiers chrétiens aient tenté d'éliminer ce que la mort de Jésus laissait supposer de son complet anéantissement. Il est naturel aussi que racontant les évènements à ceux qui n'auraient pas connu les faits, ils tentent d'omettre tout ce qui avait été inacceptable pour eux mêmes et y substituent des récits plus en accord avec leurs voeux.

Le récit que nous lisons aujourd'hui répond à un schéma théologique défini que l'on retrouve dans toutes les apparitions. On ne prétend pas nous dire ce qui est arrivé en un lieu et un moment déterminés, mais nous transmettre l'expérience d'une communauté désireuse que d'autres chrétiens vivent la même réalité vécue par eux. Dans cette culture, la transmission d'idées se faisait à travers de récits, soit tirés de la vie réelle soit construits pour l'occasion.

« Se manifesta » (ephanérosen): a le sens de « surgir de l'obscurité ». Implique une manifestation du divin dans un cadre terrestre.

« A l'aube », au moment où l'on passe de la nuit au jour, les disciples passent d'une vision terrestre de Jésus par les sens, à une expérience intérieure leur permettant découvrir ce qui ne peut ni se voir, ni entendre ni toucher.

Nous suivons le même schéma que dimanche passé.

1 Une situation donnée. - Les disciples sont en train de pêcher, c'est à dire qu'ils sont retournés à leur tâche habituelle. Rien de plus opposé à une quête spécifique d'une réalité spirituelle. Etrangers à ce qui va se passer, que par conséquent ils n'attendent ni ne recherchent.

Les disciples sont ensemble, c'est-à-dire forment communauté. Il n'est pas fait allusion aux Douze, le chiffre sept apparaît qui est un chiffre de plénitude, en référence à toutes les nations païennes. Mission universelle de la nouvelle communauté.

La pêche est l'image du résultat de la mission. « Cette nuit-là, ils ne prirent rien ». Ce fait est de vitale importance pour comprendre le message. La nuit signifie l'absence de Jésus. Sans lui, le travail missionnaire est infructueux et stérile. Vous voyez comme le récit modifie la réalité au profit du symbolisme. La pêche se fait toujours de nuit, non de jour. Cependant celle à laquelle se réfère le récit a lieu quand sont suivies les directives de Jésus.

2 Jésus se rend présent.- Il prend l'initiative et, sans qu'ils l'attendent, il est présent. Les premières lueurs du jour sont le signe de la présence de Jésus. Toujours le langage symbolique. Jésus est la lumière qui permet de travailler et de donner du fruit. Jésus ne les accompagne pas; son action dans le monde s'exerce par les disciples. Les paroles de Jésus sont la clé pour donner du fruit. Quand ses instructions sont suivies, ils trouvent de quoi pêcher et le découvrent lui même.

3 Salutation. - Une conversation qui prétend insister sur la proximité. « Les enfants  » (diminutif de « pais » = enfant). C'est le « gamin de la boutique ». En leur donnant ce nom, il exige d'eux une totale disponibilité.

Concernant Jésus la tâche est achevée. Il a du pain et du poisson. Eux doivent continuer à pêcher et à partager cet aliment. Jésus est toujours dans la communauté, mais sans agir directement dans l'action qu'ils doivent, eux, réaliser.

4 Il le reconnaissent. - La difficulté à le reconnaître se manifeste par le fait que seul un des disciples le découvre. Ce n'est pas qu'il ait meilleure vue, mais c'est celui qui est le plus identifié à Jésus. Il reconnaît le Seigneur à l'abondance de la pêche, c'est-à-dire au fruit de la mission. Seul sait lire les signes celui qui a l'expérience de l'amour de Jésus.

Le succès est le signe de la présence du Seigneur. L'échec marquait son absence. Jean communique son intuition à Pierre. Ainsi se centre l'attention sur ce dernier pour introduire ce qui va suivre.

Pierre n'avait pas perçu la présence, mais en entendant l'autre disciple, il comprend instantanément. Le changement d'attitude de Pierre est reflété de manière symbolique dans le mot « il passa ». C'est le même qu'a utilisé l'évangéliste Jean pour désigner l'attitude de service quand Jésus se passa le tablier dans le récit de la dernière Cène.

Il se jette à l'eau après avoir ceint le symbole du service, disposé à servir. Pierre est le seul qui se jette à l'eau, parce que lui seul a besoin de changer d'attitude. Jésus ne répond pas au geste de Pierre, il le fera un peu plus tard.

Ils ne voient pas d'abord Jésus, mais le feu et la nourriture, expression de son amour pour eux. Ce sont les mêmes aliments que donna Jésus avant de parler du pain de vie. A ce moment, il a identifié le pain avec sa chair, donnée pour que le monde vive. C'est ce qu'il leur offre à présent. L'aliment qu'il leur donne est distinct de celui qu'ils acquièrent sur ses indications. Il y a deux aliments: l'un est don gratuit, l'autre s'obtient par l'effort personnel. Le premier est apporté par Jésus. Le second c'est eux qui doivent le fournir. Manger avec Jésus n'a pas de sens si l'on n'apporte rien.

Le parallélisme avec la multiplication des pains est clair. Mêmes aliments, pain et poisson, mêmes gestes de Jésus. Jésus est maintenant le centre de la communauté, où il rayonne la force vitale et l'amour. Cette présence rend les siens capables de se livrer comme lui. Nous dire que c'est la troisième fois qu'il apparaît signifie qu'elle est la définitive. Attendre d'autres apparitions n'aurait pas de sens.

5 La mission. - Aujourd'hui la mission est personnalisée dans un autre personnage, Pierre. Lui seul l'avait renié. Il avait reconnu Jésus comme Seigneur, mais ne l'acceptait pas comme le serviteur qu'il faut imiter. Par sa question, Jésus essaie de mettre Pierre face à son attitude. Il n'y a qu'en se livrant aux autres comme Jésus qu'il pourra lui manifester son amour.

La réponse est affirmative, mais empêche toute comparaison. Jésus utilise le verbe « agapao » = amour-amour. Pierre répond avec « phileo » = aimer, amitié. Pierre commence à comprendre. Jésus n'est pas le Seigneur, mais l'ami.

Paître, fournir du fourrage, c'est communiquer la vie. Jésus lui demande la marque de cet amour. Pierre l'avait renié parce qu'il n'était pas disposé à risquer sa vie. Il lui faut renoncer à toute idée de messie qui ne coïncide pas avec ce qu'est Jésus.

« Agneaux » et « brebis » désignent les petits et les grands. Pour la mission, Jésus est le modèle de berger qui se livre pour son troupeau. Pour la communauté, il est l'unique pasteur.

Cette triple demande fait écho au triple reniement de Pierre. Il attend de Pierre une rectification totale et définitive. C'est maintenant Jésus qui utilise le verbe « phileo » = tu m'aimes, qu'avait utilisé Pierre. Il lui demande s'il est sûr de ce qu'il a affirmé.

Etre ami signifie renoncer à l'idéal de Messie qu'il s'était fabriqué. Jésus ne prétend pas être servi, mais que Pierre à son exemple serve les autres. Pierre comprend que la question résume son histoire d'opposition au projet de Jésus.

 

Méditation – contemplation


Jésus s'est manifesté de cette façon.

Rien de spectaculaire dans cette présence.

Seul le disciple le plus proche de Jésus le reconnaît.

C'est la clé de tout le récit.

 

Si je vis la présence de Jésus en moi

je le découvrirai dans les évènements les plus simples de la vie.

Si je ne l'ai pas découvert en moi,

je le chercherai en personnes ou en faits spactaculaires.

 

Si je mets de l'amour dans les choses que je fais,

je rendrai présent Dieu manifesté en Jésus.

La clé n'est pas dans la réalité, mais dans mon attitude devant cette réalité.

Découvrir cette présence est la tâche de tout chrétien.

 

Fray Marcos

(traduction Maurice Audibert)

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