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LE PIÈGE DU FANATISME

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Mc 9, 38-48

Je veux initier ce commentaire par une citation, assez longue, de l'écrivain israélien Amos Oz qui, dans un petit livre intitulé Contre le fanatisme (Debolsillo, Barcelona 2005), écrit:

"La semence du fanatisme émerge toujours au moment d'adopter une attitude de supériorité morale qui empêche d'arriver à un accord " (p.22).

"L'essence du fanatisme se trouve dans le désir d'e forcer les autres à changer. C'est dans cette tendance si commune d'améliorer le voisin, de corriger l'épouse, de faire ingénieur l'enfant ou de redresser le frère au lieu de les laisser être. Le fanatique est une créature bien généreuse. Le fanatique est un grand altruiste. Souvent, il a plus d'intérêt aux autres qu'à soi-même. Il veut sauver ton âme, te racheter. Te libérer du péché, de l'erreur, de fumer. Te libérer de ta foi ou de ton manque de foi. Il veut améliorer tes habitudes alimentaires, il veut vous faire laisser de boire ou de voter. Le fanatique se met en quatre pour quelqu'un, ou bien: il nous saute au cou parqu'il nous aime vraiment, ou il s'attaque à notre jugulaire si nous faisons voir que nous sommes des non rachetés. En tout cas, parlant de manière topographique, sauter au cou ou attaquer la jugulaire est presque le même geste. D'une manière ou d'une autre, le fanatique à plus d'intérêt pour l'autre que pour soi-même pour la toute simple raison qu'il a un soi-même assez exigue ou aucun soi-même du tout" (p.28-29).

Le physique Andréi Sajarov visait aussi juste quand il disait "l'intolerance est l'angoisse de ne pas avoir raison".

Aussi bien l'intolerance que le fanatisme soulignent la propre insécurité. Un je psychologique pas suffisamment intégré –dû, probablement, au manque d' "attachement sécurisant" dans un contact maternel adéquat- aura besoin de "sécurités absolues", qui soutiennent sa précaire et instable sensation d'identité.

C'est pour cela même, qu'il se verra incapable de tolérer la divergence, c'est pourquoi il aura tendance à disqualifier, juger, codamner (ou s'osbtiner à "convertir") celui qui ne pense comme lui. Parce qu'il perçoit toute divergence comme ménace.

C'est cette ménace qui se cache derrière les paroles de Jean: "Il n'est pas l'un de nous". En effet, ce sont "les autres" ceux qui sont perçus comme ménace: parce que, en pensant différemment ou en adoptant un comportement différent au sien, ils nous font voir que le nôtre n'est pas une valeur absolue, mais un de plus parmi tant d'autres. Et c'est ceci qu'une personnalité pas sûre d'elle se voit incapable de tolérer, pour l'angoisse qui lui crée le manque de sécurités "absolues".

C'est dans ce besoin de "securités absolues", que nous pouvons détecter deux facteurs: l'un socioculturel (évolutif) et l'autre psychologique.

En ce qui est pour le premier, il semble clair que, dans l'état mytique de conscience, l'ethnocentrisme est une valeur incontestable: le groupe même est vu possédant la vérité et le bien, et il n'y a rien qui justifie la critique au groupe ni la prise du recul par rapport à lui. Dans ce niveau de conscience, ce qui prévaut c'est la "cohésion", dérivée de l'assentiment aveugle aux normes groupales, qui donne pour résultat la conception du propre groupe comme d'un "troupeau". Et nous connaissons bien les risques qui encourait celui qui osait sortir du troupeau...!

Dans ce stade de conscience, la sécurité de l'individu allait de pair avec l'appartenance au groupe. D'une manière inconsciente, au nom ce cette sécurité, on sacrifiat toute divergence, parce qu'on avait renoncé au droit de penser par soi-même: tout soit pour la sensation de sécurité qu'apporte l'"homogénéité"!

Conclusion: on nen peut demander, à une personne qui est instalée au niveau mytique de conscience, de la tolérance envers celui qui diverge; son "niveau de conscience" ne le lui permet pas, puisque à ce niveau la divergence (ainsi que la liberté ou l'autonomie) n'est pas reconnue comme valeur; elle ne peut même pas être vue comme telle.

Du point de vue psychologique, la question de l'intolerance et le fanatisme se trouve liée à la sécurité. La sécurité –et, associée à elle, le controle- constitue un besoin fondamental de l'être humain. Tant que la personne n'a pas fait l'expérience d'une sécurité ferme qui la soutient, elle la cherchera hors d'elle-même –la projetant sur un leader, un groupe ou une institution-, ou la situera sur ses idées, ses croyances ou ses convictions.

Losque cela arrive, le sujet qui n'est pas sûr ne pourra tolérer qu'un tel leader, groupe ou institution soient mises en cause; il ne pourra non plus permettre que ses idées, ses croyances ou convictions soient critiquées. Sa propre stabilité en dépend.

Donc, à une personne avec un je psychologique si fragile on ne peut non plus lui demander de la tolérance. Sa panique à l'insécurité le fait impossible. Avec une ironie en plus: la personne qui souffre ce type d'insécurité qui lui fait être fanatique se vante de sécurité et même de "vérité". Au point que, pour elle, ceux qui posent une position différente ce sont des personnes "à convertir", dans la ligne de ce qui a été exprimé par Amos Oz.

La "sortie" du fanatisme semble réquerir, donc, une double condition: d'un côté, le passage du niveau de conscience mytique à un autre rationnel; et, d'un autre côté, expérimenter une source de sécurité qui se trouve au délà de notre pensée (de ses idées ou ses croyances).

Il est probable, pour que cela arrive, qu'il soit nécessaire un travail psychologique, qui accorde à la personne une sensation interne de consistance et d'autonomie. Quiconque est capable de "faire pied" en soi-même, relativise aussi le caractère absolu qu'il avait attribué aux idées et, en même temps, permette à d'autres personnes d'être différents, sans que la différence soit perçue comme une menace.

Au fur et àmesure que la personne puisse croitre dans cette sensation de confiance intérieure, qui lui rendra autonome, elle pourra s'ouvrir à une autre expérience plus profonde: elle necherchera plus la sécurité dans des "objects" (idées, croyances...), mais au Fond même du Réel, l'expérimentant d'une manière directe.

Je veux dire que, quand nous sommes capables de faire taire notre esprit, de ne rien éviter et rester en silence, l'expérience d'une sécurité de fond nous sera donnée, elle sera perçue de manière directe, immédiate et autovoyante. Une sécurité de fond qui n'est autre chose que la même et unique Réalité, qui nous soutient et nous constitue à tout moment. Quand on expérimente cela, on obtient le cadeau de la Liberté sans limites et de la Plénitude.

Et pour reprendre la plainte de Jean avec laquelle j'initiais ce commentaire : qui sont "les nôtres"? Etnies, tribus, nationalismes, religions et idéologies de toute sorte ont cherché à définir clairement les limites qui marquaient leur propre "territoire", en empêchant que "les autres" y entrèrent.

Dans le cas des religions, on est même allé encore plus loin, en attribuant à Dieu la démarcation de ces présumées frontières. C'est ainsi qu'on a parlé du "peuple choisi", "seule religion véritable", "seul salut"...

Face à une telle arrogance (inconsciente et ignorante), il serait peut-être bon de finir avec l'histoire que le propio Amos Oz a recueilli dans son livre.

"Quelqu'un s'assoit à la terrasse d'un café auprès d'un ancien, qui justement était Dieu même. En le sachant, il se dirige à lui avec une question qui l'accompagnait depuis toujours: "Cher Dieu, s'il te plaît, dis-moi définitivement: quelle est la foi correcte? La catholique romaine, la protestante, peut-être la juive ou la musulmane? Quelle est la foi correcte?». Et Dieu dit dans cette histoire: «Si je te dis la vérité, mon fils, je en suis pas religieux, je ne l'ai jamais été, je n'ai même aucun intérêt dans la religion»" (p.89).

 

Enrique Martínez Lozano

www.enriquemartinezlozano.com

Traducción de María Ortega

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