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RESPECTER LA LOI NE GARANTIT PAS QUE L'HOMME SOIT SAUVÉ

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Mc 07,01-23


CONTEXTE

La parenthèse des 5 dimanches que nous avons consacrée au ch. 6 de Jean étant fermée, nous reprenons celui de Marc. Après la multiplication des pains, Jésus se trouve aux environs du lac de Genezareth, dans la partie la plus éloignée de Jérusalem, où l'on était beaucoup moins strict à propos des normes de purification. Il ne s'agit pas d'une transgression sporadique des disciples de Jésus. Ce sont les Pharisiens arrivés de Jérusalem et venus précisément pour inspecter, qui soulèvent le problème.

 

EXPLICATION

Pas besoin de plus d'explications aujourd'hui. Le texte met en regard la pratique des disciples et l'enseignement des lettrés et des pharisiens. Jésus prend le parti des disciples, mais va beaucoup plus loin et nous prévient que toute norme religieuse, écrite ou non, a toujours une valeur relative.

En disant que rien qui entre du dehors ne peut rendre l'homme impur, il pose très clairement que la volonté de Dieu ne peut se découvrir qu'à l'intérieur et qu'elle est au-delà de toute loi.

Nous pouvons continuer à maintenir la tradition comme critère de vérité, mais sans oublier que Jésus a bouleversé le sens absolu que lui donnaient les pharisiens. Dieu n'a donné directement aucune norme de conduite. Dieu n'a pas de volonté qu'il puisse nous communiquer par le langage, parce qu'il n'a rien à dire et rien à donner.

L'Ecriture est une expérience cristallisée par l'acceptation d'un peuple. Un exemple : C'est au XIII° siècle avant JC que le peuple a vécu les expériences de l'Exode, mais elles ont été mises par écrit au cours des VII°-VIII° siècles. Les évangiles ont été écrits 50 ans après la mort de Jésus.

Toutes les normes que nous pouvons mettre en concepts sont des préceptes humains et ne peuvent avoir de valeur absolue. Un précepte qui peut être adapté à une époque, peut perdre son sens pour une autre. Qui plus est, les normes morales doivent changer sans cesse, parce que l'homme connaît de mieux en mieux son être propre et la réalité au sein de laquelle il vit.

Le nombre de réalités qui nous concernent grandit chaque jour. Les normes anciennes n'ont plus d'utilité dans les situations nouvelles qui apparaissent. Certaines choses qui étaient importantes pour l'être humain dans le passé, ont perdu maintenant tout intérêt touchant sa plénitude humaine.

Dans toutes les religions, normes et préceptes se donnent au nom de Dieu. Ceci peut avoir des conséquences désastreuses si on le comprend mal. Toutes les lois sont humaines. Quand ces normes viennent d'une expérience authentique et profonde de ce que doit être un être humain et qu'elles nous aident à atteindre notre plénitude, on peut les appeler divines.

En réalité, ce que nous appelons volonté de Dieu n'est rien d'autre que notre être en tant que perfectible. Ce qui peut advenir et n'est pas encore là, c'est la volonté de Dieu. Dieu n'a pas de volonté. Dieu est un être si simple qu'il ne se fractionne pas. Tout ce qu'il a, il l'est. Tout ce qu'il fait, il l'est. Rien n'existe hors de Lui et il ne peut rien donner qui ne soit Lui.

Le précepte de se laver les mains avant de manger n'était rien d'autre qu'une norme hygiénique élémentaire, pour que les maladies infectieuses ne fassent des dégâts dans cette population qui vivait en contact avec la terre et les animaux. Si l'interdit n'était pas promulgué au nom de Dieu, personne n'en aurait fait le moindre cas. Ce qui a un certain sens. Si le fait de manger du porc causait la trichinose, et donc la mort, Dieu ne pouvait vouloir que tu manges de cette viande et de plus, si tu en mangeais, il te punissait de mort.

Ce que critique Jésus ce n'est pas la Loi comme telle, mais l'interprétation qu'on en faisait. Au nom de cette Loi, on opprimait les gens et on leur imposait de véritables tortures, avec des promesses ou des menaces, afin qu'ils pensent que c'était la seule façon de mettre Dieu de leur côté. Ils n'avaient d'autre issue que d'accorder à la Loi une valeur absolue. Tout devait lui être soumis, y compris l'être humain. Toutes les normes avaient la même importance, vu que leur unique valeur était d'être promulguées par Dieu.

C'est ce que Jésus ne peut accepter. Toute norme, aussi bien dans sa formulation que dans son accomplissement, doit avoir comme but premier le bien de l'homme. Nous ne pouvons pas même mettre Dieu en avant, parce que le bien de Dieu est le bien de l'homme. La base de tout fondamentalisme est de viser le bien de Dieu au prix du bien de l'être humain.

Et même, ce que nous appelons commandements de la loi de Dieu, sont des préceptes où se recueille le meilleur de l'expérience humaine connue, dans le but de rechercher ce qui est bon et ce qui est mauvais pour l'homme. Concrètement, les dix commandements avaient pour objectif de rendre possible la communauté de vie comme peuple d'une série de tribus dispersées et sans grande capacité de former un groupe. A l'époque, chaque pays, chaque groupe, chaque famille avait son dieu. Pour faire un peuple uni, un dieu unique était obligatoire. D'où les commandements de la première table. Les autres étaient orientés vers le respect de la vie et des possessions d'autrui, rendant possible une vie commune, sans se détruire.

Le second enseignement découle de celui-ci : il n'existe pas de sphère du sacré, dans laquelle Dieu est chez Lui et une autre, profane, dont Dieu est absent. Rien d'impur n'existe dans la réalité créée. La distinction entre homme pur et homme impur n'a pas de sens non plus, à partir de situations étrangères à sa volonté. Pour cette raison, la pureté ne peut jamais être la conséquence de pratiques rituelles ou sacramentelles. La seule impureté qui soit, c'est l'homme qui la crée quand il recherche son intérêt propre aux dépens d'autrui.

 

APPLICATION

Les traditions sont la principale richesse d'une collectivité, il faut les valoriser et les respecter au plus haut point. La tradition est la cristallisation des expériences ancestrales de ceux qui nous ont précédés. Sans cette expérience accumulée, aucun d'entre nous ne pourrait atteindre le niveau d'humanité auquel nous sommes parvenus.

Tout cela étant vrai, il est impossible de donner une valeur absolue à ce bagage, car nous le convertirions en un fardeau qui nous empêcherait d'avancer vers plus d'humanité. Au moment où une tradition nous empêche de devenir plus humains, nous devons l'abandonner. C'est ce que veut dire Jésus : vous laissez de côté la volonté de Dieu pour vous attacher aux traditions.

Quiconque prétend vous donner des lois au nom de Dieu est en train de vous tromper. La volonté de Dieu, ou bien tu la trouves à l'intérieur de toi, ou bien tu ne la trouveras jamais. Ce que Dieu veut de toi, est inscrit dans ton être même, et c'est là qu'il te faut le découvrir.

Il est très difficile d'entrer à l'intérieur de soi-même et d'y découvrir les exigences de mon être véritable. Raison pour laquelle nous faisons bien de profiter de l'expérience d'autres êtres humains qui se sont distingués par leur manière de vivre et nous ont transmis ce qu'ils ont découvert. Grâce à ces pionniers de l'Esprit, l'humanité avance sans cesse sur le chemin d'un engagement plus grand pour autrui, en dépassant l'égoïsme.

Tout ce que nous a enseigné Jésus est la manifestation de son expérience de Dieu, ce qui veut dire l'expérience de son être le plus profond. « Tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître ». Cette expérience complètement originale, a fait que nombre de normes de votre religion ont chancelé.

La Loi il me faut la suivre parce qu'elle me mène à la plénitude humaine (et quand c'est le cas). Pour les pharisiens, il faut obéir au précepte parce qu'il est précepte et non parce qu'il aide à être plus humain. Dans la mesure où nous adoptons aujourd'hui cette posture « pharisaïque », nous nous éloignons de l'évangile.

Les scolastiques disaient : le faire suit l'être. Ce qu'il y a en toi, c'est ce qui se manifestera dans tes œuvres. C'est ce qui vient du dedans qui détermine la qualité d'une personne. Je dirais : ce qu'il y a en toi, même sans sortir, car ce qui sort peut être pure programmation.

Ce que tu manges peut faire que tu te sentes bien ou te faire du mal, mais n'affecte pas ton attitude spirituelle. Le piège, c'est de faire davantage confiance à la pratique extérieure d'une norme qu'à l'attitude intérieure qui ne dépend que de moi. Les pratiques religieuses sont fréquemment un alibi qui nous dispense de la conversion du cœur.

 

Méditation-contemplation

 

« Le culte que vous me rendez est vide ».

Accusation terrible, mais vraie, même de nos jours,

dans la majorité des cas.

Tout culte qui ne procède pas du cœur

et ne pousse pas à découvrir la proximité de Dieu, est inutile.

 

Dieu n'a pas d'yeux pour voir les cérémonies,

ni d'oreilles pour entendre les cantiques et les prières.

C'est toi qui dois découvrir Dieu à l'intérieur de toi

et entendre ce qu'il te dit à travers ton être propre,

sans cette écoute, pas de religiosité possible.

 

Les rites, cérémonies, sacrements et prières

sont utiles dans la mesure où ils me conduisent à l'intérieur de moi-même

ils me font découvrir ce que Dieu est pour moi en cet instant,

et me poussent à vivre et à manifester cette réalité

dans ma relation aux autres.

 

 Texte de Fray Marcos

(Trad. Maurice Audibert)

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