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-

EN MARCHANT SUR LE SOLEIL

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Un petit savant en herbe, qui portait de grosses lunettes et regardait beaucoup la télé, dit un jour à un vieil homme tout courbé qui avait consacré sa vie à la recherche scientifique :

- Aujourd'hui, grâce à la science et à la technologie, rien n'est impossible. Déjà l'être humain a exploré la Lune, bientôt il va sûrement marcher sur le soleil!

Le vieux professeur se redressa un peu, se gratta la gorge, fixa ses yeux sur le petit et lui répondit sur un ton affectueux :

- Mon jeune ami, ne va pas croire que ce serait là un si grand exploit; tu marches déjà sur le soleil.

- Moi?, de répliquer l'enfant étonné. Je ne suis pas sur le soleil, M. le professeur, je suis sur la Terre. Comme vous savez, la Terre se trouve à 150 millions de kilomètres du soleil, et le soleil est plutôt chaud! »

Arborant le plus doux sourire, le vieillard répondit :

- Être sur la Terre, mon enfant, c'est déjà avoir les deux pieds sur le soleil, car la Terre, vois-tu, est un gros morceau de soleil. Pour t'en convaincre, tu n'as qu'à regarder le feu que crachent les cheminées des volcans; ce feu révèle la vraie nature de la terre.

Beaucoup croient que la Terre n'est qu'une masse de boue, de cailloux et d'eau et ignorent qu'elle est avant tout une masse de feu. Cette masse de feu s'est séparée du soleil il y a bien longtemps. Il est vrai qu'avec le temps elle s'est un peu refroidie à la surface, mais, au dedans, elle brûle toujours très fort, tout en tournant autour du soleil comme un bébé panda autour de sa maman. Nous vivons sur une étoile, mon cher petit ami.

- Je vis sur une étoile, et je ne le savais pas?... reprit l'enfant en ouvrant de grands yeux derrière ses grosses lunettes.

- Oui! Tu vis sur une étoile, répéta le professeur en caressant la tête du petit; et puisque tu ne saurais exister sans le soleil et sans la Terre, j'ajouterais que tu es toi-même une étoile comme eux.

- Moi, une étoile?, s'exclama l'enfant encore plus étonné.

- Oh oui, tu es une étoile! Et beaucoup plus qu'une étoile!, de surenchérir le professeur. Le jour où tu découvriras que la réalité dépasse toujours très largement tout ce que ton cerveau peut en percevoir, ce jour-là, tu pourras commencer à te laisser éblouir par la merveille que tu es.

Certes, la science et la technologie aident grandement à comprendre quelque chose aux étoiles, mais elles ne sont ni ne seront jamais des étoiles.

Elles peuvent scruter l'intérieur du corps humain et avec une seule de ses particules cloner un autre corps humain, cependant, elles seront toujours impuissantes à mettre au monde un seul atome de vie, ou la moindre parcelle d'amour.

Jamais elles ne pourront pénétrer le secret caché au plus profond de ton être, là où brille le merveilleux soleil que tu es.

C'est ainsi que, devant les plus grands prodiges de nos laboratoires et de nos industries, l'être humain pourra toujours, avec Confucius, regretter d'avoir des yeux et ne pas voir le mont Tai.

Le professeur aurait pu clore la conversation avec cette sentence sonore, mais il ne put s'empêcher d'en ajouter une dernière:

- La science, mon jeune ami, ne progressera vraiment que dans la mesure où elle se rappellera que ce ne sont pas les yeux qui créent la lumière, mais la lumière qui crée les yeux.

Ceci dit, le professeur se retira, laissant notre petit savant en herbe complètement ébahi. Que l'être humain soit plus grand que la science et la technologie était une nouveauté absolue pour lui. Et pour la première fois de sa vie, il se mit à songer que nul ne devrait aspirer à devenir un grand savant si, en même temps, il ne cherche à devenir un sage.

Dans sa petite tête pétillante d'intelligence, il pouvait déjà prévoir qu'à force d'exalter la science aux dépens de la sagesse, les humains de notre temps risquent fort de se transformer, à leur insu sans doute, en robots de leur science et de leur technologie, et peut-être même en esclaves de ceux qui ont déjà laissé sur la Lune la trace de leurs pas.

Rêver de marcher sur le soleil n'était pas si sot après tout, pensait notre petit savant (maintenant devenu sage en herbe); il suffisait de savoir qu'il fallait commencer tout de suite à prendre un plus grand soin de notre Terre, qui est l'enfant bien-aimé du soleil, et à se soucier sérieusement du misérable sort des innombrables terriens qui n'ont pas encore de place sous le même soleil.

 

Eloy Roy

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