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Mc 07, 01-23

Il était une fois un monastère où l'on respectait scrupuleusement le silence. Mais chaque jour, juste à six heures dans l'après-midi, lorsque les moines commençaient l'office des Vêpres, un chat apparaissait auprès de la porte de l'église en miaulant fortement.

Face à l'insistance et l'intensité de miaulements, l'abbé pris une décision: il demanda à un frère d'attacher le chat à un pilier qui se trouvait à l'entrée du monastère, loin de la chapelle où ils priaient. Et c'est ainsi que le frère le faisait chaque soir.

Mais le temps passait. L'abbé mourut et un moine d'un couvent lointain vint prendre sa place, qui très tôt répéra ce qu'on faisait chaque soir avec le chat.

Quelques mois après c'est le chat qui meurt. Tout suite, le nouvel abbé appelle le frère et lui dit: "Achète tout suite un autre chat pour l'attacher chaque soir, de six à sept heures, au pilier de l'entrée".

Cet ancien conte montre une tendance assez habituelle dans le comportement humain. Nous commençons à faire quelque chose parce que ça devient utile, mais bientôt nous absolutissons cette action, en la changeant en un rite auquel nous attribuons de la valeur en soi même, en marge de son utilité.

Quand ceci arrive, il semblerait que l'unique motif pour maintenir une action ou un comportement serait "on a toujours fait comme ça" .

Si, en plus, à ce comportement on lui accorde un caractère religieux, on y ajoute une autre puissante raison pour le perpétuer. Et si, finalement, l'autorité s'arroge le pouvoir de controler et de surveiller son accomplissement, nous avons tous les ingrédients, aussi bien pour l'immobilisme comme pour situer l'action prescrite par dessus même la valeur ou le bien de la personne.

Tout ceci devient évident dans le récit de l'évangile que nous lisons aujourd'hui. Les pharisiens et les docteurs de la loi surveillaient rigoureusement l'accomplissement des règles rituelles; parmi elles celle de se laver les mains avant de manger.

Probablement, une telle règle sera survenue comme une mesure de prévention d'hygiène. L'erreur arrive quand on l'absolutisse et on finit par déclarer "impures" (religieusement) toutes les personne qui ne l'accomplissent pas.

De cette manière, ce qui pouvait être une prescription salutaire – aujourd'hui aussi les parents rapellent ses enfants le besoin de se laver les mains avant de manger- était devenu une arme de pouvoir et un prétexte gravement discriminatoire.

Des prétextes de ce genre on été utilisés ( on utilise) souvent dans la société pour stigmatiser certaines personnes et certaines collectivités. Et l'autorité, religieuse ou civile, est devenue "police des consciences", en accusant, condamnant ou même en éliminant ceux qui dépassaient la règle prescrite.

Lorsque tout ceci arrivait dans le domaine de la religion, l'autorité faisait appel rapidement au mandat divin, pour accorder plus de force à ses prétensions. Dans ce cas, on devait âgir d'une certaine manière, non pas seulement parce que "on a toujours fait comme ça", mais parce que "Dieu le commande."

De cette manière, l'autorité religieuse rendait Dieu complice de sa propre attitude, avec deux graves conséquences. D'une parte, on encourageait une attitude clairement pharisienne, gonflant l'orgueil des observateurs des règles. D'autre part, cela générait de l'athéisme chez ces esprits lucides qui refusaient de prendre comme absolue une règle qui ne l'était aucunement.

De fait, chaque fois que l'autorité invoque le nom de Dieu pour justifier ses décisions, propres ou reçues, elle ne fait que "prendre le nom de Dieu en vain" , réduisant le Mystère à un idole, superpolice morale de l'univers, qui ne peut que provoquer du rejet. Il n'est pas étonnat que le recours facile à "la volonté de Dieu" ait été vu comme "l'asile de ignorance" (B. Spinoza, Ética I, Apéndice, Alianza editorial, Madrid 2011, p.114) et "de l'antropomorfisme" (A. Comte-Sponville, L'âme de l'athéisme, Paidós, Barcelona 2006, p.115).

Une fois de plus, face aux pièges de la religion, l'attitude de Jésus est manifeste. Jusqu'au point de faire difficile de comprendre comment il y a des personnes qui profèsent le suivre et continuent à absolutiser des règles, des rites, des croyances..., au délà du bien des personnes, contre lesquelles ils n'hésitent pas à prononcer anathème et les disqualifier de la manière las plus furibonde.

Les paroles de Jésus –qu'il prend d'Isaïe, un autre grand prophète de son peuple- visent directement vers le coeur: "Ce peuple m'honore de lèvres, mais son coeur est bien loin de moi. Le culte qu'ils me donnent est vide, parce que la doctrine qu'ils enseignent ce sont de precepts humains".

Telles paroles semblent avoir à devenir, pour la personne religieuse, un questionement toujours actuel: Où est-ce que je crois trouver Dieu? Dans les règles, les rites, les croyances... ou le coeur? Il est évident que le comportement personnel sera radicalement différent, si nous avons identifié dieu avec nos croyances ou si nous l'expérimentons au plus profond de notre être. Dans le premier cas, il y aura du fanatisme; dans le deuxième, du respect et de l'amour.

La tendance humaine à absolutiser les mots que nous employons nous joue souvent de mauvais tours. Ainsi, parfois il suffit qu'une personne nomme "Dieu", pour croire qu'elle âgit déjà à partir de Lui. On a remplacé l'expérience personnelle – toujours transformante – par un son verbal qui, dans pas mal de cas, n'est qu'un "flatus vocis", des mots forcement vides.

"Personne ne devient ivre avec le mot vin ", ont répété les mystiques sufis. Et personne ne se transforme par le simple fait de répéter constamment le mot "dieu".

Ce qui est décisif, tel que Jésus le rappelait, c'est le "lieu" où nous vivons Dieu; c'est à dire, l'expérience immédiate et directe de nous percevoir en lien avec le Mystère qui habite tous les êtres et qui, justement pour cela, on est capable de le reconnaître en chacun d'eux, tel qu'on le reconnaît en soi-même.

 

Enrique Martínez Lozano

www.enriquemartinezlozano.com

Traducción de Pedro Alguacil Cuenca

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