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JESUS PAIN DE DIEU

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Jn 6, 24-35

Ce qui était raconté le dimanche précédent se poursuit. Les gens reviennent à Capharnaüm et retrouvent de nouveau Jésus. Jésus leur reproche de ne le suivre que parce qu'ils se sont rassasiés la veille de pain et de poisson. Et à partir de ce thème de la nourriture physique, il s'élève jusqu'au message à propos de la manne, que ses interlocuteurs ont allégué comme preuve que Dieu était avec Moïse.

De fait ce fragment expose un thème qui a dû avoir une importance énorme pour les auditeurs de Jésus et pour les communautés chrétiennes ultérieures encore en lutte avec le judaïsme. Jésus est parfois présenté (explicitement chez Mathieu) comme le « nouveau Moïse, celui qui proclame la Loi Nouvelle ». Avec quelles garanties ? Ils concèdent à Moïse les « signes et prodiges » de la mer et du désert. Quels signes offre Jésus ?

Le sujet de fond est donc le défi que Jésus propose à ses contemporains : pourquoi doivent-ils croire en lui, au point de corriger la Loi, voire de la mettre de côté ?


REFLEXION

Quels motifs ont pu avoir ceux qui ont connu Jésus, pour le suivre au point d'abandonner des coutumes aussi séculaires et sacrées ? Nous n'avons pas l'habitude de réaliser la violence énorme de ce changement. Comment ont-ils pu s'abstenir de la circoncision, le signe de l'Alliance, du repos du Sabbat, de l'abstinence d'aliments interdits, du temple ...? Leurs ancêtres, considérés par eux comme des martyrs, s'étaient laissé tuer. Au nom de qui devaient-ils maintenant les abandonner ?

Jésus précise ce qu'affirment les gens : Moïse a donné un pain de la terre, pour alimenter le corps mortel. Mais maintenant, le Père donne un aliment venu du Ciel, pour la vie éternelle. Ses interlocuteurs pensent toujours en catégories complètement terrestres (à l'image de leur propre messianisme) et demandent de ce pain merveilleux. Jésus se définit alors comme pain de Vie. Le passage est très clairement parallèle à celui de la Samaritaine. A elle aussi, Jésus propose une eau qui étanche la soif pour toujours ; elle aussi demande de cette eau merveilleuse, et Jésus se définit comme Eau Vive.

Le parallélisme nous fait comprendre que la réduction de ce message à l'eucharistie (quoique valide) n'est pas suffisante. Comme Jésus, c'est un grand symbole : Jésus pain, Jésus eau, Jésus lumière sont les trois grands symboles de Jésus dans le quatrième évangile, dans la même ligne métaphorique des évangélistes.

Nous avons préféré quant à nous, inverser le sens des paroles de Jésus pour affirmer que le pain eucharistique est Jésus, alors que le sens originel c'est que Jésus est pain. Nous avons aussi lié l'image de Jésus/pain à l'image de Jésus/grain de blé qui meurt pour pouvoir être fécond. Et toutes ces affirmations sont valables sans doute, mais nous devrions tirer profit des images du quatrième évangile à partir de leur signification primitive si valable et significative.

Au désert, Israël a reçu de Dieu trois dons radicaux : la lumière, la nourriture, l'eau, parce que trois dangers mortels le guettaient : se perdre dans le désert, mourir de faim, mourir de soif. Depuis lors l'image de Dieu est inséparable de ces symboles.

Le quatrième évangile applique ces mêmes symboles non pas à Dieu mais à Jésus. Ainsi donc ces symboles, avant d'être eucharistiques et plus qu'eucharistiques, sont dogmatiques, christologiques : ce qui est proposé c'est une foi en Jésus qui était inimaginable pour ces communautés : Jésus est véritablement l'Oint, la parole, le Pain : c'est lui qu'il faut écouter, c'est de lui qu'il faut se nourrir.

Nous avons ici la réponse à la question que nous formulions auparavant : Quelle raison assez puissante ont eu ces personnes pour laisser de côté les croyances et les rites qui avaient conformé des siècles durant la foi de leurs pères ? Réponse : la foi en Jésus, accepté comme Parole de Dieu faite chair.

Par conséquent cet évangile nous rend proche une situation dramatique des premières communautés et nous place aujourd'hui face à un défi radical : quelle est ma lumière, ma nourriture, mon eau ? Autrement dit : qui est le Seigneur de ma vie ?

Nous cheminons habituellement à la lumière de valeurs qui orientent nos choix. Une autre lumière, d'autres valeurs nous sont proposées pour éclairer la route.

Nous avons coutume de nous alimenter des satisfactions rencontrées dans ce que nous appelons succès, personnels, économiques, sociaux. Nous avons coutume d'avoir soif de posséder, de dépenser, d'acheter, de prospérer, de nous distinguer...Mais cette faim et cette soif ne s'apaisent jamais. En tous ces domaines, la satisfaction du désir ne le comble pas, mais en éveille un autre plus grand.

Le pain et l'eau du Royaume représentent d'autres valeurs, devant lesquelles les valeurs habituelles perdent leur charme. Quand Jésus appelle « bienheureux », les pauvres, ceux qui savent souffrir, les miséricordieux, ceux qui ont le cœur pur, il dit que leur façon de vivre fait disparaître la faim et la soif d'autres choses de la terre. On pourrait ajouter aux Béatitudes cette dernière comme résumé : « Heureux ceux qui vivent les valeurs du Royaume, car ils n'auront plus jamais soif des valeurs de la terre ».

 

POUR NOTRE PRIERE

Quels signes donnes-tu pour que nous croyions en toi ? Jésus répondit que son signe était que les gens guérissaient, que les possédés étaient libérés et que la Bonne Nouvelle était annoncée aux pauvres.

Signe étrange, pour tous ceux qui attendent des splendeurs divines ou des démonstrations spectaculaires. Et enseignement profond pour nous ; le signe de l'Eglise, le signe par lequel en nous voyant, quelqu'un peut croire en Jésus, croire au Père, au Royaume, ne sera pas autre que celui de Jésus : que nous travaillions pour la santé de tous, pour la dignité de tous, très spécialement pour celle des plus pauvres. Il n'y a qu'ainsi que, « voyant vos œuvres ils reconnaîtront le Père du Ciel ».

 

 José Enrique Galarreta

(traduction Maurice Audibert)

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