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CE QU'IL Y A DE DIVIN EN JESUS NE PEUT ETRE PERCU PAR LES SENS

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Mt 1, 18-24

Le texte de Mathieu répond à la question que se pose tout chrétien: Qui est Jésus? Aujourd'hui la clé nous est fournie par Paul:

« Né selon la chair de la descendance de David
il a été établi fils de Dieu selon l'Esprit »

Mais une autre phrase de l'évangile de Jean est encore plus éclairante:

« Ce qui naît de la chair est chair,
ce qui naît de l'esprit est esprit ».

Ce qui veut dire que de la chair ne peut naître l 'esprit, mais que de l'esprit ne peut non plus naître la chair. Paul considère comme normale l'origine de l'humanité de Jésus, mais établit clairement que l'important est ce qu'il y a en lui de divin; cela, sans aucun doute, est né de l'Esprit.

Les récits « de l'enfance » de Mathieu et de Luc ne sont pas des chroniques d'évènements, il ne s'agit pas d'une biographie de Jésus, ils ne sont pas « de l'histoire » au sens que nous donnons au mot. Ils sont de la théologie narrative.

Marc, l'évangéliste qui fut le premier à écrire, ne sait rien de l'enfance de Jésus. Son évangile commence avec la prédication du Baptiste. Mais Jean, qui fut le dernier, lui non plus ne veut rien savoir de ces histoires. Il semble que la source Q n'y fait aucune allusion.

Par ailleurs, les récits de Mathieu et de Luc coïncident seulement pour l'essentiel. Ils ne se ressemblent en rien pour les détails. L'intérêt pour la personne de Jésus a commencé avec sa vie publique et surtout avec la mort-résurrection. Avant cela, rien ne s'était passé avec lui qu'on ait pu découvrir de l'extérieur. Personne n'avait remarqué cet enfant.

Pour pouvoir mettre en relief de façon convaincante ce que fut Jésus pour les premiers chrétiens, le besoin de parler des merveilles de son enfance fut un besoin de communication, afin de rendre crédible ce qu'ils avaient découvert si difficilement.

Nos connaissances actuelles nous font penser que l'enfance de Jésus fut des plus normale. Personne n'a pu deviner ce qu'il allait manifester par la suite avec sa vie et sa mort. La meilleure preuve que ses parents le traitèrent toujours comme un enfant ordinaire est que dès qu'il commença à s'écarter de la norme, ils le crurent fou et voulurent l'en empêcher.

Ce ne fut qu'après l'expérience de Pâques que l'on essaya d'expliquer qui était Jésus, au delà de son apparence humaine. La façon de le faire était logique pour l'époque. En nous racontant ces histoires, les auteurs ne se trompaient pas ni ne voulaient nous tromper. C'est nous qui nous trompons en comprenant littéralement le texte selon notre perspective, lui donnant un sens différent de celui qu'ils lui avaient donné.

Dans toutes les cultures, y compris celle de la Bible, on a tenté d'expliquer la grandeur de certains personnages en racontant des histoires au sujet de prodiges ayant entouré leur naissance. Plus de quarante personnages antérieurs à Jésus sont dits être nés d'une mère vierge. Cette affirmation ne prétend rien affirmer sur leur mère, mais sur eux.

Il est vain de vouloir déterminer, à partir de la façon dont nous comprenons le monde, Dieu et l'homme, si ce qu'ils disent est vrai ou faux. Toute affirmation a sa vérité. Dans tous les cas, on parle de ces personnages après avoir constaté que leur vie a dépassé ce qu'on peut attendre d'un être humain. Si ce qu'ils font est plus qu'humain, ce doit être divin. Tout le monde comprenait parfaitement sans que nul conflit n'en résulte.

Les premiers chrétiens, ayant découvert dans l'expérience pascale ce que signifiait Jésus pour eux, firent ce raisonnement: si l'on peut dire de personnes fameuses qu'elles sont fils d'un dieu, à plus forte raison de Jésus.

Que personne ne pense que nous dévaluons les évangiles. Au contraire: ce n'est qu'en dépassant la myopie d'une lecture littérale qu'on peut accéder au sens profond de chaque récit.

« Marie était mariée à Joseph ». A cette époque le mariage comportait deux parties: le contrat et la cérémonie. L'important à tous égards était le contrat. Ce qu'on célébrait dans la cérémonie était l'accueil de la mariée dans la maison de l'époux. Ce qui veut dire que Marie et Joseph étaient juridiquement mariés.

« Avant qu'ils aient vécu ensemble ». Mathieu veut nous transmetre l'origine divine de Jésus. Il le dit deux fois sans ambages. Tout ce qu'est et signifie Jésus est oeuvre de l'Esprit Saint.

Mais croyez-vous que ceci s'explique en disant que Dieu s'est fait spermatozoïde? Penser que Dieu garantit sa présence en Jésus par voie biologique est une monstruosité. Il est impossible que Dieu manipule la matière biologique. Dieu ne pose pas d'actes ponctuels. En Dieu être et agir sont une même réalité. La présence de Dieu en Jésus se manifeste dans l'humain, mais ne se réduit pas au biologiquement humain. Le divin est une présence en Esprit.

« Par l'oeuvre de l'Esprit Saint ». A deux reprises se rencontre la référence à l'Esprit. Il ne s'agit pas de la troisième personne de la Trinité (il faudra plusieurs siècles pour que se concrétise cette idée). Dans les deux cas, le mot n'est précédé d'aucun article, ce qui permet d'en saisir le vrai sens. « Pneumatos Agiou » envoie à Dieu Esprit (vent, haleine vitale, force, énergie). Une bonne traduction serait « par oeuvre de la force de Dieu ».

« Agiou » (Saint) ne coïncide pas non plus avec notre concept de saint. Il signifie plutôt « séparé », « non contaminé », « complètement distinct », et de plus séparateur, purificateur. Jésus n'est ni le produit du hasard ni d'une évolution progressive, mais il répond a la présence effective en lui de Dieu Esprit.

« Joseph son époux, qui était bon ». Joseph est le centre du récit. Ni « bon », ni « juste » ne traduisent la richesse du grec. Cela signifierait (qu'il est) un authentique Israélite, craignant Dieu et observateur de la Loi.

Il symbolise le « reste d'Israêl » fidèle. Pour Mathieu, Marie symbolise la nouvelle communauté. En ces deux personnages se manifeste le conflit qui se vivait à l'époque entre le judaïsme fidèle à l'AT et la communauté nouvelle fondée sur la personne de Jésus.

Que Joseph soit chargé d'accueillir Marie indique que tout bon Israëlite doit accepter la nouveauté, malgré les problèmes posés, parce qu'elle est ce que Dieu veut.

« L'ange du Seigneur » n'est pas une nature angélique telle que nous la concevons, mais la présence mystérieuse de Dieu lui même. C'est Dieu en personne qui invite à faire le saut: les juifs peuvent se sentir tranquilles en abandonnant l'ancien pour devenir chrétiens.

« En songe » manière habituelle qu'a Dieu pour s'adresser aux hommes dans l'AT.

« Fils de David » l'appartenance au peuple juif est claire. Joseph est chargé de légitimer la transition.

« Tu lui donneras le nom de Jésus ». Si nous savions la signification du nom dans tout l'AT, nous saisirions l'importance de Joseph dans ce récit. Le nom résume tout ce que sera une personne et c'est Joseph qui va le donner.

Rappelons nous que chez Luc, le nom est révélé à Marie et que c'est elle qui va le donner.

« Pour que s'accomplisse l'Ecriture ». Mathieu souligne avec insistance l'accomplissement de ce qu'annonçait l'AT. Dans le passage d'Isaïe cité ici, le mot hébreu « alma » qui signifie « jeune » a été traduit de façon incorrecte par « parthenos », qui signifie « célibataire », « demoiselle », « vierge ».

En Hébreu existe un mot (bétûâ) qui signifie précisément « vierge » mais n'a pas été utilisé dans ce passage. Au III° siècle, le malentendu avait été dénoncé par Trifon. Il fait référence à la jeune épouse de Acaz qui va mettre au monde son premier enfant, symbole de salut pour le royaume. Jésus sera sauveur, comme ce fils le fut pour le peuple.

« Enmanuel (Dieu avec nous) ».L'absence d Dieu était pour Juda la cause de tous les malheurs. Sa présence garantissait que tout irait bien. Jésus ne sera pas un envoyé de plus de la part de Dieu. N'ayant pas de père sur la terre, il n'a personne à imiter ici bas. Son modèle sera exclusivement Dieu. Il sera Fils parce qu'en toutes chose il imite le Père.

C'est pour nous un langage étrange, mais à l'époque la référence d'un fils à son père ne se mesurait pas au plan biologique, mais par l'aptitude qu'avait le fils à faire ce que faisait le père.


Méditation-contemplation


« Etabli Fils de Dieu dans l'Esprit ».

Pour Paul la différence entre esprit et chair était claire.

Rien à voir avec l'interprétation biologique qui fut la nôtre.

Jésus est né de la chair et il est né de l'Esprit.

 

Tout ce que je suis biologiquement m'est donné par la nature.

Ce que je puis parvenir à être spirituellement me vient de Dieu.

Mais je dois naître de l'eau et de l'Esprit.

Personne, pas même Dieu, ne peut le faire à ma place.

 

L'Esprit est déjà présent en moi.

Il me revient de le faire naître, de prendre conscience de cette réalité,

de la vivre consciemment, de la manifester par mon vécu,

pour que les autres la voient.

Ce processus me conduira à la plénitude humaine.

 

Fray Marcos

(Traduction Maurice Audibert)

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